
Malgré les déclarations apaisantes de Donald Trump concernant la fin des « tueries » en Iran, la situation reste volatile. Clément Therme, chercheur associé à l’Institut français des relations internationales (Ifri) et spécialiste du monde iranien, analyse la diplomatie américaine fluctuante envers Téhéran. Ses ouvrages, tels que Idées reçues sur l’Iran. Un pouvoir à bout de souffle ? et Téhéran-Washington 1979-2025 : Le Grand Satan à l’épreuve de la Révolution islamique, éclairent la complexité de ces relations bilatérales tendues depuis des décennies.
Les propos de Trump, selon Therme, s’inscrivent dans un contexte de politique intérieure américaine, où le président a posé des lignes rouges claires face à la répression des manifestations en Iran, débutées fin décembre. Ces manifestations, intensifiées après l’appel de Reza Pahlavi, ont été violemment réprimées par l’État iranien, entraînant des milliers d’arrestations et de nombreuses victimes.
Bien que le président américain ait affirmé que la répression avait cessé et qu’il n’y avait « pas de projets d’exécutions », la menace d’une intervention militaire américaine n’est pas totalement écartée. Le G7 a d’ailleurs exprimé sa « vive préoccupation » et menacé Téhéran de « mesures restrictives supplémentaires » si la répression se poursuit. L’Iran, de son côté, a affirmé qu’il se défendrait contre toute menace étrangère, tout en se disant ouvert à des discussions basées sur le respect mutuel.
Des frappes américaines ciblées restent un scénario plausible, même si les États-Unis semblent privilégier la désescalade pour le moment. Des analystes estiment que Washington hésite à frapper Téhéran, notamment en raison du risque de riposte et de la volonté de consolider les positions militaires américaines dans la région. Une intervention directe des États-Unis, plutôt que par Israël, est jugée plus probable si une initiative militaire devait avoir lieu. La situation reste donc sous haute surveillance, avec un Conseil de sécurité des Nations unies qui se réunira pour faire le point sur la situation en Iran.







