Yazidi-women
Retour sur le génocide des Yézidis par l'État islamique en 2014 et les persécutions subies par cette communauté. La justice française a condamné le djihadiste Sabri Essid pour son rôle dans ces atrocités.

Le 3 août 2014, l’organisation État islamique (EI), en pleine expansion territoriale, a lancé une offensive dans les montagnes irakiennes du Sinjar, foyer de la communauté yézidie. Cette minorité religieuse kurdophone, pratiquant un culte très ancien, a longtemps été la cible de persécutions religieuses, notamment de la part d’islamistes radicaux. L’assaut des djihadistes s’est transformé en un véritable génocide. Les hommes et les garçons ont été majoritairement massacrés et jetés dans des fosses communes, tandis que les femmes et les enfants ont été enlevés pour être victimes de traite des êtres humains et réduits en esclavage sexuel.

Dès 2016, les Nations Unies ont qualifié les massacres du Sinjar de génocide. En France, un procès historique s’est déroulé en mars 2026 : pour la première fois, la justice française a jugé un ressortissant pour génocide. Sabri Essid, un djihadiste toulousain présumé mort en Syrie, a été reconnu coupable de génocide, de crimes contre l’humanité et de complicité de ces crimes.

Sabri Essid est accusé d’avoir activement participé à la politique d’asservissement des Yézidis menée par l’EI, notamment en achetant plusieurs captives yézidies sur des marchés et en les soumettant à de l’esclavage sexuel entre 2014 et 2016. La Cour d’assises de Paris l’a condamné par défaut à la réclusion criminelle à perpétuité. Ce procès marque une étape cruciale dans la reconnaissance des crimes commis contre la communauté yézidie et dans la lutte contre l’impunité des auteurs de ces atrocités.

Les Yézidis, peuple indigène de la Mésopotamie, ont une longue histoire de persécutions en raison de leur religion unique, qui les a souvent marginalisés. Le génocide de 2014 par l’État islamique est considéré par les historiens yézidis comme la 74e vague de persécution à grande échelle. Des milliers de femmes et d’enfants yézidis sont toujours portés disparus, et la communauté continue de lutter pour la reconnaissance et la justice.