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Une nouvelle étude publiée dans The Lancet Global Health révèle que le nombre de décès à Gaza est sous-estimé d'environ 35% pour les morts violentes, et jusqu'à 40% en incluant les décès indirects dus au conflit. Le chaos et la difficulté d'identification des victimes expliquent cet écart.

Une récente étude de terrain indépendante, publiée par la prestigieuse revue The Lancet Global Health le mercredi 18 février, révèle que le bilan des pertes humaines dans la bande de Gaza est largement sous-estimé. En effet, le ministère de la Santé de la bande de Gaza, contrôlé par le Hamas, aurait omis une part significative des décès survenus depuis le début des opérations israéliennes en octobre 2023.

Cette sous-estimation, estimée à environ 35% pour les morts violentes, pourrait atteindre 40% en incluant la mortalité indirecte, c’est-à-dire les décès non violents attribuables au conflit, tels que ceux dus aux maladies ou à la malnutrition. Ce constat confirme des analyses antérieures déjà publiées dans la littérature scientifique.

Les chercheurs expliquent cet écart par le chaos ambiant dans l’enclave palestinienne, rendant difficile la récupération et l’identification des corps sous les décombres. L’absence de déclarations de décès, notamment lorsque des familles entières sont décimées, contribue également à ce manque d’enregistrement par l’administration locale. En janvier 2025, une étude de The Lancet avait déjà suggéré que le nombre de morts à Gaza était supérieur de 40% aux chiffres officiels, l’estimant à près de 64 000 contre 46 000 rapportés par le ministère de la Santé du Hamas.

Ces travaux mettent en lumière la gravité de la situation humanitaire et la difficulté d’établir un bilan précis dans un contexte de conflit intense. Les chiffres officiels du ministère de la Santé de Gaza, bien que souvent corroborés par des organisations internationales, ne reflètent donc pas l’ampleur totale de la tragédie humaine que traverse le territoire. Des estimations plus élevées, incluant les morts indirectes, suggèrent un bilan encore plus lourd, avec des prévisions allant jusqu’à 186 000 décès si le conflit devait prendre fin en juillet 2024.