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Israël a interdit l'accès à 37 ONG internationales à Gaza, dont MSF, pour non-communication des listes d'employés palestiniens, suscitant des craintes sur l'aide humanitaire.

Israël a confirmé l’interdiction d’accès dans la bande de Gaza à 37 organisations internationales majeures. Cette décision fait suite à leur refus de communiquer la liste des noms de leurs employés palestiniens, conformément à une nouvelle réglementation. Parmi les organisations potentiellement concernées figurent des acteurs clés de l’aide humanitaire tels que Médecins du Monde, Médecins Sans Frontières (MSF) et Handicap International.

Cette mesure soulève de vives inquiétudes quant à l’acheminement de l’aide humanitaire dans le territoire palestinien, déjà dévasté par deux ans de conflit. Une majorité de ses habitants a un besoin urgent de logement, de soins médicaux et de sécurité alimentaire. Le ministère israélien de la diaspora et de la lutte contre l’antisémitisme a justifié cette interdiction en affirmant que les organisations n’ayant pas respecté les normes de sécurité et de transparence verraient leur licence suspendue. Il a notamment pointé le refus de fournir des informations complètes sur les employés, une exigence visant à prévenir l’infiltration d’« opérateurs terroristes ».

Le ministre Amichai Chikli a déclaré que le message était clair : « l’assistance humanitaire est la bienvenue – l’exploitation des cadres humanitaires à des fins de terrorisme ne l’est pas ». Cette position a entraîné de vives critiques de la part de la communauté internationale. MSF a, de son côté, déclaré appliquer des politiques internes strictes pour garantir le respect des lois et prévenir tout détournement de l’aide, mais n’a pas transmis la liste de ses employés faute d’obtenir d’Israël des « garanties et des clarifications » concernant cette demande jugée « préoccupante ».

L’Union Européenne a exigé la levée des obstacles à l’aide humanitaire. Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Turk, a qualifié ces suspensions d’« arbitraires », les considérant comme une aggravation d’une situation « déjà intolérable » à Gaza. Philippe Lazzarini, patron de l’UNRWA, a dénoncé un « dangereux précédent » et un « mépris du droit international humanitaire », regrettant une « instrumentalisation de la bureaucratie ».