
La baisse des températures hivernales s’accompagne d’une augmentation notable des hospitalisations pour insuffisance cardiaque, un phénomène qui exige une vigilance accrue et l’adoption de mesures préventives strictes. Alors que les alertes météorologiques se multiplient pour les intempéries hivernales, un danger plus insidieux menace la santé publique : la décompensation des maladies cardiovasculaires. Une étude menée en France a révélé que l’exposition prolongée au froid est un facteur déterminant dans les admissions à l’hôpital pour insuffisance cardiaque, un risque souvent sous-estimé par rapport aux vagues de chaleur.
Les chercheurs de l’Université de Nancy ont analysé les données de plus de 4500 admissions aux urgences du CHU pour insuffisance cardiaque aiguë, enregistrées entre 2010 et 2022. Leurs conclusions, publiées dans le journal de l’American College of Cardiology, mettent en évidence le rôle crucial de la température. Dès que le mercure descend sous la barre des 5 °C, le risque de décompensation cardiaque s’accroît significativement, chaque chute de 5 degrés supplémentaires aggravant davantage ce danger.
Le froid affecte le système cardiovasculaire de plusieurs manières. Pour maintenir la température corporelle, l’organisme augmente la circulation sanguine vers la peau, ce qui accroît la demande métabolique et la charge de travail du cœur. De plus, le froid peut provoquer une vasoconstriction périphérique, entraînant une hausse de la pression artérielle et de la résistance vasculaire, générant ainsi un stress cardiovasculaire accru. Les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires préexistantes sont particulièrement vulnérables à une aggravation de leur état durant les périodes froides. Des études antérieures ont également montré que les admissions pour insuffisance cardiaque étaient plus élevées durant les mois les plus froids, avec un pic en février.
La prévention est essentielle. Il est recommandé de limiter les efforts physiques aux heures les plus froides, de se vêtir chaudement en privilégiant les couches, et de protéger particulièrement la tête, les mains et les pieds. La vaccination contre la grippe est également conseillée, car les maladies respiratoires peuvent exacerber les problèmes cardiaques. Adopter une alimentation saine et équilibrée et maintenir une activité physique régulière, même modérée, sont des habitudes bénéfiques pour la santé cardiaque tout au long de l’année.






