
Le Sénat entame l’examen de deux textes cruciaux concernant la fin de vie et les soins palliatifs, dans un climat teinté d’incompréhension. Alors que le président Emmanuel Macron a clairement exprimé sa volonté de mener à terme cette réforme sociétale majeure, l’approche des sénateurs, notamment au sein du groupe Les Républicains (LR), a surpris. En commission, les corapporteurs LR, Christine Bonfanti-Dossat et Alain Milon, n’ont pas opté pour une opposition frontale à l’aide à mourir, préférant une réécriture des propositions.
Cette orientation a suscité la déception chez de nombreux soignants et les critiques des partisans d’une aide active à mourir. La commission des affaires sociales du Sénat a en effet remplacé la notion de « droit à l’aide à mourir » par celle d’« assistance médicale à mourir », en la limitant aux patients dont le pronostic vital est engagé « à court terme ». Cette modification est perçue par certains comme une restriction importante du champ d’application initialement voté par les députés.
Les débats en séance publique se tiendront du 20 au 28 janvier, avec un vote solennel prévu à la fin de cette période. Ce calendrier serré souligne l’importance et la complexité de cette réforme. Le texte sur l’aide à mourir, jugé moins consensuel que celui sur les soins palliatifs, a déjà fait l’objet d’un examen approfondi par la Convention citoyenne sur la fin de vie en 2023.
La droite sénatoriale et les centristes ont déposé une centaine d’amendements visant à restreindre le champ de l’aide à mourir, tandis que la gauche tentera de rétablir la version votée par les députés. Ce parcours législatif s’annonce donc comme une étape clé, mesurant le fossé entre les deux chambres parlementaires sur ce sujet éthique et sociétal sensible.








