
Le gouvernement américain a refusé l’entrée sur son territoire à plusieurs Européens engagés dans la lutte contre la désinformation et les discours de haine en ligne, les qualifiant d’«activistes radicaux». Parmi eux figure Clare Melford, directrice du Global Disinformation Index (GDI), une organisation britannique. Son visa pour un déplacement professionnel aux États-Unis, initialement approuvé, a été révoqué en décembre, quelques jours avant le réveillon. Cette décision a été annoncée publiquement par la sous-secrétaire d’État américaine, Sarah B. Rogers, sur la plateforme X.
Sarah Rogers a accusé le GDI d’utiliser «l’argent des contribuables américains pour exhorter à la censure et à la mise sur liste noire des discours et de la presse américaine». Le secrétaire d’État Marco Rubio a également déclaré que ces interdictions de visa visaient à cibler les «agents du complexe industriel de la censure mondiale» engagés dans des actions extraterritoriales contre la souveraineté américaine. D’autres personnalités européennes ont été concernées par ces mesures, notamment Imran Ahmed du Centre for Countering Digital Hate (CCDH) et des figures de l’organisation allemande HateAid, ainsi que l’ancien commissaire européen Thierry Breton.
Le GDI, fondé en 2018, a pour mission de limiter la propagation de la désinformation sur internet. L’organisation utilise un système de notation des sources d’information et des sites web pour évaluer le risque de désinformation et aide les annonceurs à éviter de financer involontairement des contenus problématiques. Cependant, le GDI a été critiqué pour son manque de transparence et des allégations de partialité politique, notamment en ciblant des médias conservateurs. Des organismes américains ont même cessé de financer le GDI suite à ces controverses.
Cette initiative s’inscrit dans une campagne de l’administration américaine contre ce qu’elle perçoit comme une «censure» de la liberté d’expression en ligne, particulièrement celle visant les entreprises technologiques américaines. Le président Trump, ainsi qu’Elon Musk, propriétaire de X, sont connus pour amplifier des récits conspirationnistes et des informations trompeuses, notamment concernant les élections. Musk lui-même a été accusé de diffuser de la désinformation électorale sur X, avec un impact considérable en termes de vues.






