
Angela Lipps, une Américaine de 50 ans résidant dans le Tennessee, a vécu un véritable cauchemar après avoir été arrêtée par erreur et emprisonnée pendant plus de cinq mois. Les faits remontent au 14 juillet dernier, lorsque des policiers ont fait irruption à son domicile à Elizabethton alors qu’elle gardait des enfants. L’arrestation était liée à une affaire de fraude bancaire dans le Dakota du Nord, un État où Mme Lipps affirme n’avoir jamais mis les pieds.
La cause de cette mésaventure judiciaire est un logiciel de reconnaissance faciale, Clearview AI, qui l’a identifiée à tort comme suspecte. Après son arrestation, Angela Lipps a été détenue pendant 108 jours dans le Tennessee, avant d’être transférée à Fargo, dans le Dakota du Nord, à 2 000 kilomètres de chez elle. Là, elle a été incarcérée jusqu’en décembre 2025.
L’affaire de fraude bancaire, sur laquelle la police enquêtait depuis le printemps 2025, impliquait une femme qui avait retiré des milliers de dollars dans une banque en utilisant de faux papiers. Les images de surveillance ont été soumises au logiciel Clearview AI, un outil controversé largement utilisé par les forces de l’ordre. Ce système a comparé la photo d’une fausse pièce d’identité avec des images trouvées sur Internet et les réseaux sociaux, désignant Angela Lipps comme « suspecte potentielle ».
Malgré les affirmations de la police de Fargo selon lesquelles des « étapes d’enquête supplémentaires indépendantes de l’IA » avaient été menées, le chef de la police, Dave Zibolski, a reconnu que Clearview AI constituait « une partie du problème » et a admis « quelques erreurs » dans leur processus. Ces erreurs ont eu des conséquences dévastatrices pour Angela Lipps, qui a perdu sa maison, sa voiture et a dû confier son chien. Ce cas met en lumière les dérives potentielles de l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la justice pénale.






