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L'Iran souhaite maintenir un péage dans le détroit d'Ormuz, un projet qui pourrait générer des milliards de dollars, mais qui est contesté par la communauté internationale. Donald Trump est ambivalent face à cette situation.

L’Iran aspire à maintenir son système de taxation des navires dans le stratégique détroit d’Ormuz, une initiative qui, si elle perdure au-delà du cessez-le-feu actuel, pourrait générer des sommes colossales. Cette perspective divise la scène internationale, notamment les États-Unis.

Donald Trump, tout en mettant en garde l’Iran contre l’instauration d’un péage, a qualifié l’idée de « magnifique » dans un entretien avec ABC, suggérant même la création d’une coentreprise avec Téhéran pour collecter ces taxes. La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a tempéré ces propos, indiquant que la position américaine n’était pas encore définitive. Selon des informations du Financial Times et du Wall Street Journal, l’Iran envisage de facturer 1 dollar par baril de pétrole, payable en cryptomonnaie ou en yuan chinois.

Les montants en jeu sont astronomiques. Un pétrolier transitant par le détroit d’Ormuz, capable de transporter entre 1 et 2 millions de barils, pourrait ainsi payer jusqu’à 2 millions de dollars par passage. Si ce système de péage était appliqué sur le long terme, l’Iran pourrait percevoir jusqu’à 120 milliards de dollars par an, ce qui représente environ un quart de son PIB (475 milliards de dollars). Environ 20 % de l’approvisionnement mondial en pétrole transite par ce détroit vital, et certains pays du Golfe en dépendent à 100 % pour leurs exportations.

L’instauration d’un tel péage soulève d’importantes questions de légalité internationale. Le droit de la mer, régi par la Convention de Montego Bay de 1982, consacre la liberté de navigation et le droit de passage inoffensif dans les détroits. Un péage sur ce détroit serait un « nouveau paradigme » et pourrait « mettre fin à quatre siècles de droit international », selon Paul Tourret, directeur de l’Institut supérieur d’économie maritime (Isemar).

Malgré l’annonce d’un cessez-le-feu et d’une réouverture temporaire du détroit, le système d’autorisation iranien pour le transit reste inchangé, selon la revue maritime Lloyd’s List. Les navires doivent toujours faire face à des procédures de vérification opaques et à des frais de péage élevés. L’Union européenne rejette fermement l’idée d’un péage, rappelant l’importance de la liberté de navigation. Cependant, certains experts estiment que seuls les États-Unis, Oman et l’Iran détermineront finalement le sort du détroit.