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L'Iran menace de bloquer le détroit d'Ormuz, artère vitale pour le pétrole mondial, après des frappes. Trois navires ont déjà été attaqués. Les conséquences économiques seraient désastreuses.

Le détroit d’Ormuz, artère vitale du commerce mondial, est de nouveau au cœur des tensions. Situé entre l’Iran et le sultanat d’Oman, ce passage maritime étroit est un point de transit crucial par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial et un quart du gaz naturel liquéfié (GNL) . Les récentes frappes sur Téhéran ont ravivé les menaces iraniennes de bloquer cette voie stratégique, en utilisant missiles, drones et mines. En effet, les Gardiens de la révolution ont averti que le détroit était « de facto » fermé à la navigation peu après les premières frappes .

La Force navale de l’Union européenne, engagée dans l’opération Aspides en mer Rouge, a confirmé que des messages radio iraniens interdisaient le passage par Ormuz . La situation s’est rapidement aggravée, avec au moins trois navires attaqués près du détroit dès dimanche, selon l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO . Ces événements rappellent que le respect du droit international n’est pas toujours la priorité de Téhéran, même si, juridiquement, l’Iran n’a pas le droit de bloquer le détroit d’Ormuz .

Historiquement, le détroit d’Ormuz a déjà été le théâtre de tensions. En 1988, lors de l’opération « Mante religieuse », l’US Navy était intervenue après que Téhéran ait miné des zones de passage, illustrant le déséquilibre des forces mais aussi la capacité de nuisance iranienne en matière de guérilla navale . La fermeture du détroit aurait des répercussions mondiales majeures sur les marchés de l’énergie, bien que l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis disposent de pipelines pour contourner partiellement ce goulot d’étranglement .

Cependant, ces alternatives ne peuvent pas compenser la totalité des volumes qui transitent par Ormuz, notamment le pétrole destiné aux marchés asiatiques, qui représente plus de 80 % du trafic . Une fermeture prolongée ferait grimper les prix du pétrole brut et du gaz naturel bien au-delà des niveaux actuels, impactant l’économie mondiale. L’Iran, en adoptant cette stratégie, pourrait être le premier pénalisé, étant lui-même un exportateur de pétrole, notamment vers la Chine .