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Le détroit d'Ormuz est « de facto fermé » selon les Gardiens de la révolution iraniens, suite aux frappes en Iran. L'armateur Hapag-Lloyd suspend ses transits, faisant craindre une envolée des prix du pétrole et une escalade des tensions régionales.

La situation dans le détroit d’Ormuz s’est intensifiée samedi soir, à la suite des frappes américano-israéliennes matinales contre plusieurs villes iraniennes. Selon l’Agence France-Presse (AFP) et Reuters, citant la Force navale de l’Union européenne, les Gardiens iraniens de la révolution islamique ont déclaré le détroit « de facto fermé », un point de passage stratégique pour le commerce mondial de pétrole. L’agence iranienne Tasnim a rapporté que plusieurs navires avaient été avertis de cette fermeture, bien que l’Iran n’ait pas encore fait d’annonce officielle, comme l’a noté Bloomberg samedi soir.

En réponse à cette montée de tension, l’armateur allemand Hapag-Lloyd a annoncé samedi soir la suspension de tous les transits de navires par cette voie navigable « jusqu’à nouvel ordre ». Plus tôt dans la journée, Reuters avait déjà fait état de la suspension de plusieurs expéditions de pétrole brut et de carburant par diverses compagnies pétrolières. Le détroit d’Ormuz est une artère maritime cruciale, par laquelle transite environ 20 % du pétrole brut mondial.

La fermeture, même « de facto », de ce détroit pourrait avoir des répercussions significatives sur les marchés mondiaux de l’énergie et la stabilité régionale. L’Iran, qui se considère comme le gardien du Golfe, contrôle les opérations navales dans cette zone et a régulièrement menacé de bloquer le détroit en cas d’agression. Cette escalade intervient dans un contexte de forte tension au Moyen-Orient, après les frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, et la riposte iranienne ciblant des bases américaines et israéliennes.

Les analystes prévoient déjà une possible hausse des prix du baril de pétrole, ce qui pourrait impacter les consommateurs, notamment en Europe. Le ministère américain des Transports a d’ailleurs conseillé aux navires commerciaux de « rester à l’écart » du Golfe en raison des « importantes activités militaires » dans la région. La communauté internationale reste en alerte face à cette situation volatile, qui soulève des inquiétudes quant à une déflagration régionale.