darfur-sexual-violence
Médecins sans frontières (MSF) révèle l'ampleur des violences sexuelles au Darfour, perpétrées par les FSR pour « humilier et terroriser » la population. L'ONG dénonce des viols utilisés comme arme de guerre.

Un nouveau rapport de Médecins sans frontières (MSF) met en lumière l’ampleur effroyable des violences sexuelles au Darfour, imputées aux Forces de soutien rapide (FSR) et à leurs milices alliées. L’ONG dénonce des actes « délibérés » visant à « humilier et terroriser » la population soudanaise. Ces violences s’inscrivent dans une guerre qui dévaste le Soudan depuis près de trois ans, provoquant des dizaines de milliers de morts et la « pire crise humanitaire au monde » avec environ 11 millions de déplacés.

Selon MSF, les violences sexuelles sont une « marque de fabrique du conflit » au Soudan, relevant de « punitions collectives infligées aux civils », souvent sur des bases ethniques. L’ONG rappelle que le viol était déjà une caractéristique des conflits précédents au Darfour, notamment entre 2003 et 2020. Entre janvier 2024 et novembre 2025, les structures soutenues par MSF dans le nord et le sud du Darfour ont traité 3 396 survivants de violences sexuelles, dont 97 % de femmes et de filles, un chiffre qui ne représente qu’une « fraction de la réalité ».

MSF constate que les combattants des FSR et de leurs alliés utilisent les violences sexuelles comme « arme de guerre » et « moyen systématique de contrôle des populations civiles », en violation du droit international humanitaire. L’ONG a notamment traité 150 victimes suite à l’assaut des FSR en avril 2025 contre le camp de déplacés de Zamzam, où les violences visaient spécifiquement les groupes ethniques comme les communautés Zaghawa. Des témoignages similaires ont été recueillis après la prise d’El-Fasher en octobre 2025. Ruth Kauffman, responsable de la santé d’urgence de MSF, déplore : « Cette guerre se fait sur le dos et le corps des femmes et des filles ».