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Cuba entame l'année 2026 dans une extrême misère, redoutant les pressions d'une potentielle administration Trump. L'île, déjà fragilisée par une crise économique et sanitaire, voit les ingérences américaines au Venezuela comme un signe avant-coureur d'une intensification des tensions. Le régime cubain anticipe une faible croissance économique face à un contexte géopolitique incertain.

En ce début d’année 2026, Cuba célèbre sa révolution dans un climat de profonde morosité et d’inquiétude. L’île fait face à une misère extrême et la pression exercée par Washington sur le Venezuela voisin génère une vive préoccupation à La Havane, persuadée d’être la prochaine cible des ingérences américaines. Les Cubains commémorent ces 1er et 2 janvier un anniversaire marqué par une crise protéiforme : alimentaire, sanitaire avec des épidémies croisées de chikungunya, dengue et Zika, et énergétique, avec de longues coupures d’électricité.

Historiquement, les relations entre Cuba et les États-Unis ont toujours été complexes. Déjà en 1902, l’amendement Platt avait, de facto, transformé l’île en colonie américaine, menant indirectement à la Révolution cubaine de 1958. Aujourd’hui, certains observateurs estiment que les conditions sont réunies pour un changement de système politique en 2026, bien que les prévisionnistes se soient souvent trompés par le passé sur la chute imminente des Castro, tant la capacité de résistance des Cubains aux sanctions est grande.

Le régime cubain a d’ailleurs présenté un plan économique pour 2026 prévoyant une croissance du PIB de seulement 1 %, une projection jugée peu optimiste au vu de la grave crise que traverse le pays depuis des décennies. Cette situation économique précaire pourrait exacerber les tensions avec une administration américaine potentiellement sous la houlette de Donald Trump, qui, lors d’un précédent mandat, avait déjà renforcé les restrictions de voyage et l’isolement de Cuba.

Les inquiétudes cubaines sont renforcées par les attaques verbales de Washington et la « doctrine Monroe » qui semble reprendre de la vigueur en Amérique latine, visant à restaurer la domination continentale des États-Unis et à repousser l’influence de puissances comme la Chine et la Russie. Le soutien de Cuba au Venezuela, un allié historique, est particulièrement dans le collimateur de Washington, qui dénonce une « influence négative » de La Havane sur Caracas. Les États-Unis ont d’ailleurs exclu Cuba, le Venezuela et le Nicaragua du Sommet des Amériques par le passé, soulignant les divisions idéologiques persistantes dans la région.