
La procureure adjointe de la Cour pénale internationale (CPI), Nazhat Shameem Khan, a révélé au Conseil de sécurité des Nations unies que des crimes de guerre et crimes contre l’humanité ont été commis lors de la prise de contrôle d’El-Facher au Darfour en octobre dernier. L’évaluation du bureau du procureur fait état de massacres et de tentatives de dissimulation via l’aménagement de fosses communes. Une enquête approfondie a documenté une campagne « organisée et calculée » menée par les Forces de soutien rapide (FSR) contre les communautés non arabes de la région.
Les images analysées par la CPI montrent des paramilitaires « célébrant des exécutions directes et profanant des corps », a dénoncé Nazhat Shameem Khan. Cette situation glaçante rappelle les atrocités documentées à Al-Geneina, capitale du Darfour-Ouest, où les FSR sont accusées d’avoir tué jusqu’à 15 000 civils, principalement de l’ethnie Masalit. La procureure a insisté sur le fait que les habitants du Darfour, région de l’ouest du Soudan, subissent des « tortures collectives », et que ces violences ne cesseront que lorsque le « sentiment d’impunité sera stoppé ».
Dans cette région, aussi vaste que la France, vivent plusieurs tribus non arabes telles que les Four, Masalit, Berti et Zaghawa. Face à cette situation, Nazhat Shameem Khan a réitéré son appel aux autorités soudanaises pour qu’elles coopèrent à l’arrestation de personnalités visées par des mandats d’arrêt. Parmi elles figurent l’ancien président Omar Al-Bachir et l’ancien ministre de la Défense Abdelrahim Mohamed Hussein. L’arrestation d’Ahmed Haroun, ancien président du parti au pouvoir, recherché depuis 2007 pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre liés au recrutement de la milice Janjawid, est considérée comme une « priorité ».
Depuis avril 2023, une guerre meurtrière oppose l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide, les deux parties étant accusées d’atrocités. Ce conflit a déjà causé des dizaines de milliers de morts et le déplacement de plus de 11 millions de personnes au Soudan, engendrant la « pire crise humanitaire au monde », selon l’ONU.







