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Le taux moyen des crédits immobiliers s'est stabilisé à 3,08 % au T2 2025. La BCE maintient ses taux directeurs, et les incertitudes budgétaires françaises menacent une réelle baisse. Le marché reste attentiste.

Au deuxième trimestre 2025, le taux moyen des crédits immobiliers s’est établi à 3,08 %. Malgré une modeste reprise du marché, les incertitudes persistent quant à une baisse significative des taux. La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, a maintenu les taux directeurs inchangés le jeudi 24 juillet 2025, une décision attendue par les marchés. Une baisse en septembre reste une possibilité, mais elle est jugée peu probable, selon David Zahn, responsable de la gestion obligataire européenne chez Franklin Templeton.

Les tensions sur les taux longs, accentuées par les incertitudes budgétaires françaises et les politiques budgétaires expansionnistes allemandes, pourraient freiner la baisse des taux des crédits à l’habitat, voire entraîner une hausse. Juba Ihaddaden, économiste au Crédit agricole, prévoit que des taux compris entre 3,2 % et 3,4 % « pèseront négativement sur la poursuite de la reprise » du marché immobilier. Cela souligne la fragilité de la situation actuelle, où le coût de l’emprunt reste un facteur déterminant pour l’accès à la propriété.

Malgré l’optimisme de certains agents immobiliers quant à une augmentation des visites, l’effet sur le marché reste limité. Une étude de Notariat Services, réalisée auprès des internautes du portail Immonot.com, révèle que la moitié des personnes interrogées consultent des annonces sans intention d’achat immédiat, et 11 % ont même visité des biens sans réelle intention d’acquérir. Ces chiffres mettent en lumière une reprise du marché immobilier qui demeure prudente et conditionnée par des facteurs macroéconomiques et les comportements des acheteurs potentiels.

Les taux de crédit immobilier sont directement influencés par les taux obligataires de l’État français (OAT 10 ans), servant de référence aux banques. Une hausse de ces taux d’emprunt d’État, due à l’instabilité politique et aux incertitudes budgétaires, se répercuterait inévitablement sur les taux proposés aux ménages. Selon les analyses, chaque augmentation de 1 point du taux de l’OAT 10 ans pourrait entraîner une hausse de 1,4 point des nouveaux crédits immobiliers.