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Dix ans après leur accession au pouvoir en Corse, les nationalistes de « Femu a Corsica », menés par Gilles Simeoni, sont en perte de vitesse. Bilan poussif, popularité en déclin et montée des forces radicales mettent à mal leur hégémonie politique.

Dix ans après avoir pris les rênes de la Collectivité de Corse, la coalition nationaliste « Pè a Corsica », autrefois dominante, traverse une période de turbulences. Emmenée par les autonomistes de Gilles Simeoni et les indépendantistes de Jean-Guy Talamoni, cette force politique avait pourtant raflé la région lors des élections territoriales de 2015, marquant le début d’une ère nouvelle pour l’île.

Aujourd’hui, le bilan est mitigé et les critiques fusent : « constat d’échec », « gâchis », « déception » sont les mots qui reviennent le plus souvent pour qualifier la décennie des autonomistes de « Femu a Corsica ». Le président de la Collectivité de Corse, Gilles Simeoni, voit sa popularité décliner, plombé par un bilan jugé poussif et un processus d’autonomie qui stagne. L’usure du pouvoir et la montée en puissance d’un nationalisme identitaire, incarné par Nicolas Battini et allié au RN, fragilisent d’autant plus les nationalistes au pouvoir.

Cette situation est à l’opposé de l’état de grâce des débuts, où l’espoir d’une plus grande autonomie et d’une gestion insulaire forte avait porté les nationalistes au sommet. Fragilisé par une première défaite électorale aux dernières législatives, Gilles Simeoni envisage même sérieusement de se présenter aux municipales à Bastia. Une décision stratégique selon Michel Castellani, député Femu a Corsica de Haute-Corse, qui s’inquiète : « Si Bastia tombe, il y a tout qui tombe ». L’objectif est clair : sauver la deuxième ville de Corse, un bastion clé pour l’avenir politique des nationalistes.