
Face à une colère agricole grandissante, l’exécutif français semble accorder une attention particulière aux agriculteurs, notamment concernant leur opposition au traité du Mercosur. Cette bienveillance politique contraste fortement avec la difficulté des médecins libéraux à faire entendre leurs revendications, malgré une grève historique de dix jours (du 5 au 15 janvier) et une manifestation nationale à Paris. Les soignants dénoncent un manque d’écoute de la part des médias et des politiques, les laissant désemparés face à l’incompréhension du public.
Les mesures contestées par les médecins libéraux dans le budget de la Sécurité sociale 2026 sont nombreuses : remise en cause du système conventionnel, baisse unilatérale de leurs tarifs, limitation du cumul emploi-retraite ou encore l’obligation d’utiliser le dossier médical partagé (DMP) sous peine de sanctions. Pour ces professionnels de santé, ces dispositions menacent l’exercice de leur métier et la qualité des soins.
Depuis plusieurs semaines, les agriculteurs bénéficient d’un soutien unanime des partis politiques, des parlementaires et même du Premier ministre. Cet appui sans faille contraste avec la perception que certains ont des médecins : perçus comme des « nantis » par la gauche, des « fossoyeurs de l’économie » par la droite, ou une combinaison des deux par les centristes. Ces clichés persistants compliquent la reconnaissance de leurs légitimes préoccupations.
Certains observateurs suggèrent que les politiques pourraient être animés par une forme de jalousie envers la popularité des médecins, expliquant une hostilité persistante. Ironiquement, même les médecins qui s’engagent en politique semblent parfois oublier leurs anciens confrères, adoptant alors l’attitude générale des politiciens à leur égard. Cette dichotomie soulève des questions sur les priorités et la représentation des différents corps de métier dans le débat public français.






