
Quatre-vingt-cinq États membres des Nations unies, dont la France, ont fermement condamné l’adoption par Israël de nouvelles mesures visant à étendre sa présence en Cisjordanie occupée. Dans une déclaration commune, ils ont réaffirmé leur « ferme opposition à toute forme d’annexion » de ce territoire. Cette prise de position intervient après la décision du gouvernement israélien d’accélérer le processus d’enregistrement foncier en Cisjordanie et de faciliter les achats de terres par les colons.
Les 85 États, parmi lesquels la Chine, l’Arabie saoudite et la Russie, ainsi que l’Union européenne et la Ligue arabe, ont déclaré à l’ONU que ces décisions unilatérales sont « contraires aux obligations d’Israël en vertu du droit international et doivent être immédiatement annulées ». Ils ont également rejeté « toutes les mesures visant à modifier la composition démographique, la nature et le statut du territoire palestinien occupé depuis 1967, y compris Jérusalem-Est ».
La nouvelle disposition israélienne prévoit un financement de près de 67 millions d’euros pour régulariser les titres fonciers dans la zone C, qui représente environ 60 % de la Cisjordanie. L’ONG israélienne La Paix maintenant, opposée à la colonisation, a dénoncé cette mesure. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé Israël à « revenir immédiatement » sur ces mesures, les qualifiant de « déstabilisantes » et « illégales ».
L’Union européenne a réaffirmé que « l’annexion est illégale au regard du droit international », tandis que le roi Abdallah II de Jordanie a dénoncé des « actions illégales » menaçant d’« aggraver le conflit » israélo-palestinien. L’Autorité palestinienne a également « condamné avec force » la décision israélienne, y voyant le « début de facto d’un processus d’annexion ».
La colonisation s’est intensifiée sous le gouvernement de Benyamin Nétanyahou, particulièrement depuis le début de la guerre à Gaza. Plus de 500 000 Israéliens vivent en Cisjordanie, dans des colonies jugées illégales par l’ONU, aux côtés de près de trois millions de Palestiniens.






