
Des files d’attente s’allongent dans les stations-service au Vietnam, les agriculteurs thaïlandais paniquent, et l’Inde fait face à des pénuries de gaz alarmantes. La guerre au Moyen-Orient a déclenché un choc énergétique mondial de grande ampleur. Le blocage du détroit d’Ormuz, par où transite habituellement 20 % de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié, fait craindre une crise inflationniste durable due à l’escalade et à l’enlisement du conflit.
Dans ses prévisions publiées le jeudi 19 mars, la Banque centrale européenne (BCE) anticipe une inflation de 4,8 % en 2027 dans la zone euro, selon son « scénario le plus pessimiste ». En effet, la BCE a relevé ses prévisions d’inflation pour 2026 à 2,6% et à 2,0% pour 2027, des niveaux supérieurs à son objectif de 2%. Ces prochaines semaines, l’augmentation des cours des hydrocarbures et des produits dérivés va progressivement impacter toutes les entreprises, puis les consommateurs, qui se remettent à peine de la flambée des prix de 2022-2024.
Ces mécanismes, bien que variant selon les modèles énergétiques et industriels des pays, sont largement identifiés par les économistes et mettent en évidence la difficulté d’interrompre les spirales inflationnistes. L’inflation actuelle est en partie alimentée par l’augmentation des prix de l’énergie, qui représente une part importante des dépenses des ménages. Les salaires pourraient également alimenter cette spirale, poussant les entreprises à augmenter leurs prix pour compenser les coûts de production accrus.
Les retombées économiques du conflit au Moyen-Orient se font sentir bien au-delà de la région, perturbant les approvisionnements en carburant, les routes maritimes et les chaînes d’approvisionnement en Asie et dans le Pacifique. Les coûts de transport, les prix de l’énergie et des engrais connaissent de fortes hausses, entraînant des pressions sur les monnaies et une volatilité accrue des marchés financiers. Le blocage quasi total du détroit d’Ormuz depuis le 28 février a provoqué une chute des exportations mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié, créant un risque sérieux de pénurie. Les pays membres de l’AIE ont décidé de libérer 400 millions de barils de leurs réserves stratégiques pour tenter de stabiliser les marchés.






