
Après cinq années d’interdiction, la chasse de la tourterelle des bois (Streptopelia turtur) est de nouveau autorisée en France pour la saison 2025-2026. Un arrêté publié au Journal officiel le vendredi 29 août officialise cette décision du ministère de la Transition écologique et de la Biodiversité. Cette mesure fait suite au constat d’un « meilleur état de conservation de l’espèce sur la voie centre-ouest de migration, dont la France », selon le document.
Pourtant, la population de cet oiseau migrateur a chuté de près de 80 % en Europe au cours des quarante dernières années. En 2019, un comité scientifique avait même recommandé de suspendre complètement la chasse ou, à défaut, de limiter les prélèvements à 1,3 % des effectifs français, soit environ 18 300 oiseaux.
Pour la saison de chasse 2025-2026, un plafond national de 10 560 tourterelles des bois a été fixé pour l’ensemble du territoire métropolitain. Ce quota s’accompagne d’obligations de suivi renforcées pour les chasseurs. Chaque oiseau prélevé devra être déclaré « immédiatement » via l’application mobile ChassAdapt. Ce signalement en temps réel est une exigence légale, et tout manquement constitue une infraction. La Fédération nationale des chasseurs (FNC) transmettra quotidiennement ces données à l’Office français de la biodiversité (OFB) et au ministère chargé de la chasse.
Le dispositif prévoit un « arrêt immédiat » de la chasse dès que le quota national est atteint. La FNC bloquera alors les déclarations sur ChassAdapt et informera les fédérations départementales pour alerter les chasseurs de l’illégalité de toute prise supplémentaire.
Les associations de protection de la nature, comme la Ligue de protection des oiseaux (LPO), dénoncent cette réouverture qu’elles jugent prématurée. Cédric Marteau, directeur général de la LPO, a exprimé son désaccord, estimant qu’il était « dommage » d’autoriser la chasse d’une espèce « qui commençait à aller un peu mieux » et qui reste classée comme vulnérable en Europe. La LPO se dit également sceptique quant au respect du quota par les 930 000 chasseurs français. Elle appelle le gouvernement à revenir sur cette décision dès l’année prochaine.