
Le ministère syrien de la Défense a annoncé, mardi soir, un cessez-le-feu de quatre jours avec les forces kurdes dans le nord du pays. Cette trêve fait suite à une « entente » concernant le destin de leur bastion de Hassaké, et est effective depuis 20 heures (18 heures, heure de Paris) le 20 janvier 2026. Les Forces démocratiques syriennes (FDS), majoritairement kurdes, ont également confirmé leur « engagement total » envers cette suspension des hostilités, affirmant qu’elles ne mèneraient aucune action militaire en l’absence d’attaques.
Cette annonce s’accompagne d’une « entente » cruciale sur Hassaké, stipulant que l’armée syrienne n’entrera pas dans les localités kurdes de la région. Les Kurdes disposent de quatre jours, à partir de mardi soir, pour présenter un plan d’« intégration pacifique » de la province de Hassaké au sein de l’État syrien. Cette évolution survient après que l’armée syrienne a pris le contrôle des provinces de Raqqa et Deir ez-Zor suite au retrait des FDS. L’armée a également massé des troupes autour des localités kurdes de Hassaké, où les combattants kurdes se sont repliés.
Le président syrien, Ahmed Al-Charaa, et le chef kurde Mazloum Abdi, étaient en discussions pour finaliser un accord sur l’intégration des institutions civiles et militaires kurdes dans l’État syrien. Ce texte représente un coup dur pour les aspirations d’autonomie de la minorité kurde, qui avait établi une zone autonome dans le nord et le nord-est du pays durant la guerre civile (2011-2024).
L’émissaire américain pour la Syrie, Tom Barrack, a qualifié cette nouvelle trêve de « tournant décisif », offrant une « voie vers une intégration complète [des Kurdes] dans un État syrien unifié ». Il a souligné que cela inclurait la protection des droits de citoyenneté, de la culture et une participation politique, des droits longtemps refusés sous le régime précédent. Les États-Unis plaident pour la protection des droits kurdes et le renforcement de la coopération contre l’État islamique (EI), tout en n’aspirant pas à une présence militaire à long terme. Damas s’est dit prêt à prendre en charge la sécurité, notamment le contrôle des camps de détention de l’EI.






