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Le géant français des boissons Castel est visé par un redressement fiscal pouvant atteindre un milliard d'euros. Cette affaire, révélée par Alain Castel, s'ajoute à une crise de gouvernance au sein du groupe.

Le groupe Castel, poids lourd du secteur des boissons, se trouve dans le collimateur de l’administration fiscale française. Un redressement fiscal d’une ampleur inédite, pouvant atteindre le milliard d’euros, est en cours d’instruction, a révélé Alain Castel, directeur général de la branche vins du groupe, dans une interview accordée à Sud Ouest. Cette information a été confirmée par Pierre Castel, le fondateur nonagénaire du groupe, qui a déclaré que « Bercy a le Groupe Castel dans le collimateur. Il a mené une enquête sur plusieurs années ».

Ce dossier épineux s’inscrit dans un contexte de changements profonds au sein de l’entreprise. Alain Castel a souligné que « les temps ont changé, les mentalités ont changé. Les méthodes d’hier ne sont plus celles d’aujourd’hui », évoquant une volonté de remettre l’entreprise « d’aplomb ». Un courrier interne de Grégory Clerc, directeur général de Castel, consulté par l’AFP, mentionne d’ailleurs le lancement de « plusieurs chantiers de régularisation fiscale et sociale » depuis 2024, dont ce « dossier majeur » concernant des périodes antérieures à sa prise de fonctions.

Nommé en octobre 2023, Grégory Clerc, un avocat fiscaliste helvète, avait précédemment défendu avec succès Castel dans un litige similaire en Suisse, où le milliardaire Pierre Castel avait été condamné à verser plus de 350 millions d’euros pour avoir omis de déclarer une partie de sa fortune. Le redressement fiscal en France porterait, selon une source proche du dossier, sur la déclaration d’emplois au Luxembourg, une révélation faite initialement par le magazine Challenges.

Parallèlement à ces enjeux fiscaux, le groupe bordelais, connu pour ses marques Baron de Lestac, Listel, Kriter, les cavistes Nicolas, et ses bières en Afrique, est également secoué par une crise de gouvernance. Une tentative de révocation de Grégory Clerc par la famille du fondateur, lors d’une assemblée générale extraordinaire à Singapour en janvier, a échoué. Alain Castel dénonce une « captation du pouvoir » par l’actuel directeur général, qu’il accuse de « manager par la peur et la menace ». L’entourage de Grégory Clerc a pour sa part déploré « des informations fausses ou tronquées » nuisant à la réputation du groupe, dont le chiffre d’affaires a atteint 6,5 milliards d’euros en 2024.