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Le débat budgétaire français se concentre sur les procédures plutôt que sur l'économie. L'objectif est d'éviter une crise politique, malgré des dépenses publiques record et des services inefficaces. La réorganisation est urgente pour maîtriser les déficits.

Le débat autour du Projet de Loi de Finances (PLF) en France se focalise davantage sur la procédure parlementaire et les subtilités tactiques que sur les priorités budgétaires et les choix stratégiques. L’objectif principal semble être de clore ce dossier sans déclencher une crise politique majeure, plutôt que d’attendre des avancées significatives pour l’économie ou la réduction des déficits. Censure, dissolution, 49.3 : les armes habituelles sont brandies, certaines comme des menaces, d’autres comme des issues.

L’obsession est de s’en sortir avec ce PLF, dont plus personne n’espère qu’il contribuera à faire avancer l’économie et à réduire les déficits, mais dont on espère simplement qu’il permettra d’éviter une crise politique. Ou, plus prosaïquement, de tenir le plus longtemps possible. On peut regretter le choix de Sébastien Lecornu, validé par Emmanuel Macron, d’avoir engagé les discussions en suspendant la réforme des retraites. Cependant, on ne peut lui reprocher de ne pas avoir tout mis en œuvre pour parvenir à un accord à l’Assemblée.

Les deux budgets sont intrinsèquement liés, et le vote du PLFSS ne peut être dissocié de l’échec de décembre et du casse-tête de janvier concernant le PLF. Alors qu’une nouvelle étape s’engage après le passage de la loi spéciale, la question des dépenses publiques demeure au cœur des préoccupations. Le pays est confronté à un record mondial de dépenses publiques pour des services publics jugés inefficaces.

L’argent se perdrait dans une administration pléthorique, notamment au sein de la santé et de l’éducation nationale, ainsi que dans les 1200 agences qui dilapideraient 110 milliards par an. Le « mille-feuille » administratif, jugé coûteux et inefficace, aurait recruté un million de fonctionnaires depuis 1997. Les régimes spéciaux représentent un déficit de 9 milliards d’euros, auxquels s’ajoutent 30 milliards de déficit des retraites de la fonction publique, masqués mais bien réels.

L’urgence est de réorganiser ce système chaotique afin de réduire les dépenses et d’améliorer la qualité des services, à l’instar de nos voisins. Continuer à taxer toujours plus est vain si les dépenses incontrôlées persistent. Après avoir saigné les entreprises, qui créent la richesse et devraient être encouragées plutôt que torpillées, il ne restera plus que des fonctionnaires et des retraités pour comprendre l’origine de l’argent public.