
Le gouvernement de Sébastien Lecornu a décidé de recourir à l’article 49.3 de la Constitution pour faire adopter le budget 2026, après des mois de discussions tendues au Parlement. Cette décision intervient malgré l’engagement initial du Premier ministre de ne pas utiliser cet outil controversé. L’annonce a provoqué une vague de réactions parmi les différents partis politiques, notamment de la part de l’opposition.
La France Insoumise (LFI) a immédiatement confirmé son intention de déposer une motion de censure en réponse à ce « passage en force ». Mathilde Panot, cheffe des députés Insoumis, a dénoncé un « budget de malheur » et appelé à la dignité du Parlement. Du côté des Républicains (LR), Laurent Wauquiez a annoncé que son groupe allait « regarder ce qu’il y a » dans le budget avant de se prononcer sur une éventuelle motion de censure. Bruno Retailleau, patron des sénateurs LR, a fustigé un budget aux « ingrédients socialistes qui ont conduit au déclin de la France ».
Prisca Thevenot, députée macroniste, a défendu le choix du gouvernement, estimant que le 49.3 était « la moins mauvaise des solutions » pour faire avancer le pays. Pour Élisabeth Borne, ancienne Première ministre, le recours au 49.3 serait même « moins pire » que les ordonnances, car il permettrait un vote, même si ce dernier est un vote de censure. Elle a également mis en garde contre un second tour présidentiel entre LFI et le RN si le centre ne se rassemble pas.
Les entreprises, notamment le Medef, ont exprimé leur inquiétude face aux revirements du gouvernement. Patrick Martin, président du Medef, a critiqué une politique qui « accable les entreprises » et les relègue « dans les profondeurs du classement ». Sébastien Lecornu a tenté de rassurer les chefs d’entreprise en promettant que 2026 serait une année de stabilité, avec une attention particulière portée aux PME et ETI. Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics, a garanti que le déficit resterait à 5% malgré les concessions.






