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À l'approche des élections de 2026, Flavio Bolsonaro mène une campagne contre la Cour suprême brésilienne, éclaboussée par un scandale de corruption et accusée de politisation, ravivant les tensions politiques dans le pays.

Au Brésil, à quelques mois des élections générales d’octobre 2026, la scène politique est marquée par une campagne virulente de Flavio Bolsonaro contre la Cour suprême. Accusé de politisation par le clan bolsonariste, le Tribunal suprême fédéral (STF) est sous le feu des critiques, notamment à cause d’un retentissant scandale de corruption. L’institution, garante du bon fonctionnement des institutions et du respect de la Constitution brésilienne, est ainsi au cœur de vifs débats, faisant trembler la démocratie du plus grand pays d’Amérique du Sud.

Les polémiques sont d’autant plus lourdes de conséquences qu’elles touchent les onze juges de la Cour suprême, appelés « ministres », et surviennent en pleine préparation des élections générales. Ces scrutins, prévus le 4 octobre 2026, détermineront non seulement le président et le vice-président, mais aussi les membres de la Chambre des députés, une partie des sénateurs fédéraux, ainsi que les gouverneurs et les assemblées législatives des 26 États de la fédération.

Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro, est un adversaire déclaré de l’actuel président Luiz Inácio Lula da Silva. Il a été lui-même mis en examen par le passé pour des affaires de détournement de fonds publics, de blanchiment d’argent et d’appartenance à une organisation criminelle. Récemment, la Cour suprême a ordonné l’ouverture d’une enquête contre lui pour « calomnie » présumée, après qu’il a publié sur les réseaux sociaux une association d’images liant Lula da Silva au narcotrafic et à d’autres délits.

Le scandale de corruption qui éclabousse la Cour suprême met en lumière les liens troubles entre certains de ses membres éminents et le monde des affaires, soulevant des accusations de conflits d’intérêts et de favoritisme. Cette situation ne fait qu’alimenter la méfiance du public envers des institutions déjà fragilisées, dans un contexte où la corruption demeure une préoccupation majeure pour les Brésiliens. Le journalisme d’investigation, notamment celui mené par Malu Gaspar du journal Globo, joue un rôle crucial en révélant ces affaires, même si cela peut générer des tensions et des controverses.