
Le procès des femmes accusées d’avoir abandonné deux bébés dans des sacs de courses a connu un tournant majeur vendredi à Dijon. Des peines de quinze et six ans de prison ont été requises, respectivement contre la grand-mère, Zara Nacir, 44 ans, et sa fille Sabrina Boulsas, 26 ans. L’un des nouveau-nés est décédé des suites de cet abandon tragique. Le procureur, David Dufour, a affirmé devant la cour d’assises de Côte d’Or que les accusées avaient l’intention de donner la mort, requérant leur condamnation pour meurtre et tentative de meurtre.
Le représentant de l’accusation a requis une peine de six ans pour Sabrina, qui avait 20 ans au moment des faits. Il a souligné que, malgré les circonstances, elle avait eu des « gestes maternels » en enveloppant les bébés dans des vêtements après un accouchement précoce et secret en mai 2020. Cependant, la peine requise est plus sévère pour la grand-mère, Zara Nacir, avec quinze ans de réclusion criminelle. Le procureur estime qu’elle a incité sa fille à « se débarrasser des enfants » par « honte » et « crainte de perdre son conjoint », un homme décrit comme strict et violent.
L’avocat général a également mis en lumière l’emprise de la mère sur Sabrina, se demandant si cette dernière avait la force de refuser. Il a été rappelé que la grand-mère avait « emmailloté totalement » les bébés, au point qu’une sage-femme a eu des difficultés à les libérer. Les nourrissons, pesant moins de 800 grammes chacun, ont ensuite été placés dans un sac de courses. Plus d’une heure après l’accouchement, la grand-mère a finalement appelé les pompiers, évoquant une « fausse couche » sans mentionner les bébés, qu’elle savait pourtant vivants à la naissance. Seule l’une des prématurées a survécu « par miracle ».
Les avocats des parties civiles ont insisté sur l’intention de ne laisser aucune chance de survie aux enfants, les ayant traités « comme des déchets ». La défense, quant à elle, plaidera l’acquittement, invoquant une « situation de détresse absolue » et un « affolement » des coaccusées. Le verdict de cette affaire émouvante est attendu tard vendredi soir.






