
Trente ans de prison ont été requis vendredi en appel contre une ancienne employée de crèche, accusée d’avoir « consciemment tué » une fillette de onze mois à Lyon en 2022. Le ministère public soutient que Myriam Jaouen, qui comparaît devant la cour d’assises de l’Ain depuis mercredi, a administré un produit d’entretien toxique à l’enfant dans l’intention de la tuer. L’avocat général, Baptiste Godreau, a affirmé : « Ce jour-là, Myriam Jaouen avait-elle l’intention de donner la mort à Lisa ? Je dis oui, d’un oui sincère, profond. » Il a également souligné sa responsabilité pour n’avoir rien fait pour sauver la petite victime.
En première instance, à Lyon, 25 ans de prison avaient été prononcés contre Myriam Jaouen, les jurés n’ayant pas retenu la qualification de meurtre, et donc l’intention de donner la mort. L’accusée a toujours nié avoir eu conscience de la dangerosité du produit, un déboucheur de type Desktop, répétant : « J’ai fait ça pour la faire taire mais pas pour la tuer. » Cependant, l’avocat général a insisté sur le fait qu’elle a « consciemment tué avec un produit toxique létal », administré directement dans la bouche d’une enfant de 11 mois, entraînant son décès dans des conditions « innommables ».
Les avocats des parties civiles ont également plaidé l’absence de crédibilité de l’accusée, incapable de mentir pendant l’agonie d’un bébé. Me Sidonie Leblanc, de l’association l’Enfant Bleu – Enfance maltraitée, a rappelé les dires de l’accusée : « prends ça, mange et tais-toi ! » Des éléments accablants ont été présentés : Myriam Jaouen a recherché sur Google « que faire quand un enfant a mangé un déboucheur pour toilette » et a tenté d’effacer les preuves en nettoyant le vomi et en changeant les vêtements de la fillette. Elle a également élaboré un « récit mensonger structuré », impliquant un tube de gouache, qu’elle a répété au médecin du centre anti-poison.
Les experts psychiatres ont décrit l’accusée comme « immature » et « modérément » déficiente intellectuellement, mais ont écarté toute maladie mentale avérée ou abolition du discernement. L’avocate de la famille de Lisa, Catherine Bourgade, a demandé une plus grande sévérité en appel, soulignant qu’avec son CAP petite enfance, l’accusée ne pouvait ignorer la dangerosité des produits ménagers. La question du mobile reste sans réponse, car un tel geste est jugé incompréhensible par les parents de la victime.








