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L'Amérique latine est confrontée à une montée sans précédent de la criminalité organisée, marquée par l'extorsion généralisée et une violence accrue, étouffant les populations et freinant le développement économique. Les États peinent à contenir cette menace transnationale grandissante.

L’Amérique latine fait face à une vague de criminalité sans précédent, où le crime organisé étend son emprise et sa puissance de feu, mettant les États face à des défis majeurs. Cette situation alarmante est symbolisée par des avertissements aux commerçants, exigeant des « cotisations » pour opérer, un phénomène d’extorsion qui gangrène le continent.

La prolifération de la criminalité organisée est alimentée par plusieurs facteurs, dont l’augmentation de la demande mondiale de produits illicites, les réconfigurations des réseaux criminels dues aux mesures de contrôle, et l’impact de la pandémie de COVID-19 qui a permis à ces groupes de renforcer leur pouvoir dans les zones où la présence étatique est faible. La région concentre une part disproportionnée des homicides mondiaux, avec des taux de victimisation et d’homicide bien supérieurs à la moyenne globale.

L’extorsion, qu’elle prenne la forme de redevances, de rackets de protection ou de pots-de-vin, est devenue le fléau le plus répandu, impactant directement la sécurité des populations et freinant la croissance économique. L’insécurité est devenue une réalité quotidienne, affectant l’accès à l’éducation, aux transports et au travail, plongeant des générations entières dans un climat de peur permanent. Certains groupes criminels, comme le Tren de Aragua originaire du Venezuela, étendent leurs activités à travers plusieurs pays sud-américains, s’impliquant dans le trafic de drogue, le proxénétisme, la traite d’êtres humains et l’extorsion.

Face à cette menace, les États latino-américains oscillent entre des réponses autoritaires et sécuritaires, et une certaine impuissance. Bien que des pays comme le Salvador aient vu une baisse spectaculaire des homicides grâce à des mesures extrêmes, la question demeure de savoir si de telles approches sont durables et respectueuses des droits humains. Le renforcement des capacités étatiques, des réformes policières et judiciaires sont essentiels pour lutter contre le crime organisé. La criminalité transnationale est une problématique complexe qui nécessite un dialogue régional et mondial pour trouver des solutions efficaces.