
Les Forces démocratiques syriennes (FDS), majoritairement kurdes, ont finalement accepté, le 11 janvier, de se retirer d’Alep, au nord de la Syrie. Cette décision intervient après plusieurs jours de violents affrontements avec les forces gouvernementales. Un communiqué des FDS a confirmé l’accord, mentionnant un cessez-le-feu et l’évacuation des victimes, des blessés, des civils et des combattants des quartiers d’Achrafieh et Cheikh-Maqsoud vers l’est et le nord de la Syrie. L’agence de presse officielle syrienne SANA a corroboré cette information, confirmant le départ du « dernier groupe de membres de l’organisation SDF » de Cheikh-Maqsoud, en direction du nord-est syrien.
Initialement, les autorités syriennes avaient annoncé la reddition des combattants kurdes et leur évacuation vers la zone autonome kurde, ce qui avait été fermement démenti par les FDS, qualifiant ces allégations de « totalement fausses ». Les États-Unis, par la voix de leur émissaire Tom Barrack, et l’Union européenne avaient appelé à la retenue et à la reprise du dialogue politique pour mettre fin aux hostilités à Alep et dans ses environs.
Ces combats, les plus intenses à Alep depuis la chute du régime de Bachar Al-Assad en décembre 2024, ont causé la mort d’au moins 21 civils et le déplacement d’environ 155 000 personnes depuis mardi. Ils ont gravement fragilisé un accord de mars visant à intégrer les institutions civiles et militaires de l’administration autonome kurde au sein de l’État syrien, un accord resté jusqu’alors sans application. Un journaliste de l’AFP a pu témoigner de scènes de chaos et de détresse, avec des familles fuyant les combats et des jeunes hommes interpellés par les forces de sécurité.
Les FDS, soutenues par Washington et figures de proue dans la lutte contre Daech, avaient refusé toute reddition vendredi, malgré les appels du gouvernement syrien à quitter la ville. Cette situation fait craindre une escalade régionale, avec la Turquie se disant prête à intervenir aux côtés des autorités syriennes et Israël prenant la défense des Kurdes. Depuis la chute d’Al-Assad, le pouvoir islamiste s’est engagé à protéger les minorités, mais Alep représente le troisième épisode de violences impliquant des minorités, après les massacres alaouites et les affrontements avec les Druzes. Les Kurdes, qui ont profité de la guerre civile pour étendre leur contrôle sur le nord et le nord-est syrien, y compris des gisements pétroliers, réclament une gouvernance décentralisée, ce que Damas refuse.








