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Malgré les interdictions préfectorales, les agriculteurs convergent vers Toulouse et érigent des barrages. Ils dénoncent une « guerre d'usure » et veulent « paralyser » la ville pour faire entendre leurs revendications et sauver l'agriculture française.

Des dizaines d’agriculteurs ont érigé des barrages de tracteurs ce mercredi matin autour de Toulouse, malgré les interdictions préfectorales et un déploiement significatif des forces de l’ordre. L’objectif est clair : « paralyser la Ville rose » pour défendre un secteur agricole en pleine crise.

Pierre Solana, éleveur du Gers, a qualifié la situation de « guerre d’usure », soulignant la détermination des agriculteurs à obtenir des réponses. Son convoi, composé d’une centaine de véhicules, dont une quarantaine de tracteurs, a été bloqué à plusieurs reprises par les forces de l’ordre. Les agriculteurs, partis d’Auch vers minuit, affirment qu’il est crucial de « trouver une solution pour sauver l’agriculture française ».

Les perturbations sont importantes. L’A68 a été coupée dans le Tarn, engendrant d’importants bouchons vers Toulouse. Des barrages ont également été mis en place sur l’A64 au sud et sur le périphérique de Toulouse, paralysant l’A61 au sud-est. Luc Mesbah, secrétaire général de la FDSEA de Haute-Garonne, a exprimé les regrets des agriculteurs d’en arriver à de telles actions, imputant la responsabilité au gouvernement face à l’absence d’avancées.

Les syndicats agricoles locaux, dont la FDSEA, les Jeunes Agriculteurs (JA), la Coordination rurale (CR) et la Confédération paysanne, appellent à une « mobilisation massive et déterminée ». Lionel Candelon, membre de la direction nationale de la CR et président de la chambre d’agriculture du Gers, a affirmé l’intention de « prendre d’assaut la ville, de la bloquer entièrement » tant que des réponses ne seront pas apportées.

Face à cette mobilisation, le préfet de la région Occitanie et de la Haute-Garonne, Pierre-André Durand, a pris des arrêtés d’interdiction pour prévenir les « troubles à l’ordre public » et les « perturbations de la circulation des services de secours ainsi que de la vie économique régionale ». Ces mesures interdisent la circulation des engins agricoles et des poids lourds les transportant sur de nombreux axes routiers de la zone de défense et sécurité Sud, et plus spécifiquement sur l’ensemble du réseau routier de la Haute-Garonne, du Tarn-et-Garonne et du Gers.