
La controverse autour de la mort de Quentin Deranque à Lyon a mis en lumière une tentative de La France insoumise (LFI) et de ses alliés de remodeler le récit des événements. Malgré la gravité des faits, Jean-Luc Mélenchon, par l’intermédiaire de ses lieutenants et avec le soutien de certaines affinités médiatiques, semble avoir réussi à presque inverser la perception de cette séquence tragique.
Une semaine après le drame, l’axiome dominant dans certains cercles médiatiques et politiques tend à absoudre systématiquement les Insoumis, tout en stigmatisant l’extrême droite. Cette approche conduit à une inversion des rôles, où l’indignation face à la mort de Quentin Deranque est perçue comme une « salissure » de l’image mélenchoniste et une légitimation d’un supposé « fascisme » aux portes du pouvoir. Cette rhétorique, bien que critiquée, parvient à s’immiscer dans le débat public.
Le refus de certains acteurs politiques de sortir de ces schémas préétablis est particulièrement frappant. Jérôme Guedj, député socialiste élu en dehors du Nouveau Front Populaire, a par exemple affirmé qu’il voterait « toujours » contre le Rassemblement National, même si l’alternative était un candidat LFI. Cette position illustre la persistance d’une grille de lecture où la confrontation avec l’extrême droite prime sur toute autre considération, même face à des violences impliquant des groupes associés à LFI.
Les critiques fusent concernant cette « méthode bien connue du renversement de la preuve », qui, selon certains commentateurs, est parfaitement maîtrisée par la gauche. L’argument du « non » au fascisme, souvent qualifié de « largement fantasmé », est un moteur historique pour la gauche et une partie du centre depuis 1945. Cette tactique continue d’influencer une large part de l’opinion publique qui suit la politique de manière plus distante, consolidant ainsi la capacité de LFI à imposer un récit alternatif.








