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La magistrate Magali Lafourcade révèle une tentative d'ingérence américaine pour influencer le débat public français en faveur de Marine Le Pen, actuellement en procès pour l'affaire des assistants parlementaires. Une démarche jugée « malveillante » et signalée au Quai d'Orsay.

Magali Lafourcade, secrétaire générale de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), a confirmé des informations troublantes relayées initialement sur France 5. La magistrate a révélé avoir été approchée par des émissaires américains en mai 2025, qui auraient tenté une « manipulation du débat public français » en faveur de Marine Le Pen. Ces rencontres avec Samuel D. Samson et Christopher J. Anderson, conseillers du département d’État, visaient à obtenir des éléments accréditant la thèse d’un « procès politique » contre la cheffe de file de l’extrême droite française.

Marine Le Pen est actuellement engagée dans un procès en appel concernant l’affaire des assistants parlementaires du Front National (désormais Rassemblement National). Elle avait été déclarée inéligible en première instance en mars 2025, une décision qu’elle conteste. Selon Magali Lafourcade, les représentants américains étaient convaincus que ce procès n’était qu’une manœuvre politique pour écarter Mme Le Pen de la présidentielle de 2027, la jugeant « injustement traitée » et victime d’une « condamnation politique ».

Cette démarche américaine a vivement « gêné » Magali Lafourcade, qui l’a perçue comme une « immixtion » potentiellement malveillante et une « visée d’ingérence ». Fait inhabituel pour une institution indépendante, elle a signalé cette conversation au ministère des Affaires étrangères le jour même. Le Quai d’Orsay aurait assuré prendre l’affaire « très au sérieux ». Le Département d’État américain a, quant à lui, qualifié ces allégations de « fausses rumeurs ».

L’enjeu de cette affaire est d’autant plus important que Marine Le Pen reste une figure centrale de la vie politique française, et son éligibilité pour l’élection présidentielle de 2027 est en balance. Cette tentative d’influence soulève de sérieuses questions sur les interférences étrangères potentielles dans les processus démocratiques nationaux.