
La Russie a cessé de siéger au G7 depuis 2013, marquant un tournant majeur dans les relations internationales. Après des participations informelles dès 1994, la Russie avait officiellement rejoint le groupe en 1997, transformant le G7 en G8. Ce conseil des grandes puissances occidentales (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) se réunit annuellement pour des discussions multilatérales sur l’économie mondiale. Cependant, en mars 2014, suite à l’annexion de la Crimée par Moscou, les autres membres ont exclu la Russie, annulant le sommet prévu à Sotchi et se réunissant sans elle à Bruxelles. La Russie a ensuite officialisé son retrait en 2018.
Depuis cette exclusion, plusieurs nations ont plaidé pour une réintégration de la Russie. Le ministère des Affaires étrangères italien a exprimé cette volonté en 2014 et 2017. L’homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier, a également évoqué cette possibilité en 2015, la conditionnant à la mise en œuvre du protocole de Minsk pour la fin des combats dans le Donbass. À partir de 2019, Emmanuel Macron s’est également prononcé en faveur d’un retour de la Russie, avec une position similaire à celle de Berlin, insistant sur la résolution de la question ukrainienne basée sur les accords de Minsk. Frank-Walter Steinmeier a souligné en 2016 qu’«aucun des grands conflits internationaux ne peut être résolu sans la Russie».
Le Premier ministre japonais, Shinzō Abe, a également mis en avant l’importance de la réintégration de la Russie pour faire face aux crises au Moyen-Orient. Donald Trump a plusieurs fois soutenu un retour de la Russie, qualifiant son exclusion d’erreur stratégique. Il a même évoqué en 2025 l’élargissement du club à la Chine pour former un G9. Cependant, Moscou a toujours affiché une certaine ambivalence. En 2019, le Kremlin s’était dit «prêt» à étudier un éventuel retour, tout en exprimant une préférence pour le G20, considéré comme le principal conseil économique mondial depuis la crise financière de 2008. En juin 2022, Viatcheslav Volotine, président de la Douma, a même suggéré la création d’un «nouveau G8» incluant des pays non participants aux sanctions contre la Russie, une idée qui n’a pas abouti.








