
Les menaces de Donald Trump d’imposer de nouveaux droits de douane aux pays qui ne soutiennent pas son projet d’acquérir le Groenland sont de moins en moins crédibles, selon l’économiste Antoine Bouët. Le président américain a récemment brandi cette menace, visant des pays européens, dont la France, qui ont exprimé leur désaccord et même envoyé des militaires en soutien au Danemark pour l’exercice « Arctic Endurance ».
Antoine Bouët, directeur du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII) et professeur d’économie à l’Université de Bordeaux, souligne que l’Union européenne constitue une entité commerciale unique, rendant difficile le ciblage unilatéral d’un seul pays. Par conséquent, même si des pays comme la France, la Suède ou l’Allemagne s’opposent à Donald Trump sur la question du Groenland, ils ne peuvent être directement sanctionnés commercialement de manière isolée. L’administration américaine pourrait tout au plus cibler des produits spécifiques dont la provenance est clairement identifiable, comme le vin français.
Malgré les tentatives de Donald Trump d’utiliser les droits de douane comme levier pour obtenir des avantages commerciaux pour les États-Unis, la pertinence de cette stratégie diminue. Le poids des États-Unis dans le commerce international, bien que significatif, ne représente qu’une part des échanges mondiaux. De plus, les élections de mi-mandat approchant, Donald Trump a exprimé des frustrations quant à la possibilité pour les Républicains de perdre le contrôle du Congrès, ce qui pourrait influencer ses décisions.
Le protectionnisme américain, bien qu’il puisse réorienter les flux commerciaux, ne conduit pas nécessairement à un recul global du commerce international, mais plutôt à une réorganisation. Les menaces de droits de douane peuvent devenir un outil moins efficace face à une Union européenne unie et à des dynamiques commerciales mondiales de plus en plus fragmentées.







