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Des milliers d'Iraniens ont scandé «Mort à Khamenei» lors des funérailles d'un ouvrier à Abdanan, en Ilam, signe d'une colère grandissante. Les manifestations, parties de revendications économiques, se sont transformées en un vaste mouvement de contestation du régime, faisant des milliers de morts et d'arrestations.

Des milliers de manifestants iraniens ont scandé «Mort à Khamenei», le Guide suprême iranien, lors des funérailles d’un ouvrier tué au cours des récentes protestations. Des images diffusées le 15 janvier 2026 sur les réseaux sociaux et authentifiées par l’AFP montrent une foule nombreuse saluant l’arrivée du cercueil noir par des applaudissements et des sifflements à Abdanan, dans la province occidentale d’Ilam.

Les slogans antigouvernementaux, tels que «Cette année, Seyyed Ali [Khamenei] sera renversé», ont résonné parmi l’assistance majoritairement vêtue de noir alors qu’une procession funéraire s’engageait. Ces manifestations, qui ont débuté le 28 décembre dernier suite à une hyperinflation galopante, se sont rapidement propagées à l’échelle nationale, transformant des protestations économiques en un mouvement de contestation plus large contre le régime en place.

L’ONG Iran Human Rights (IHR) a rapporté qu’au moins 3 428 manifestants ont perdu la vie en Iran depuis le début de ces troubles, avec plus de 10 000 arrestations recensées. Ces chiffres témoignent de la répression brutale exercée par les autorités iraniennes face à la vague de contestation. La situation économique, marquée par la chute du rial iranien et une forte inflation, est le catalyseur de ce mouvement qui défie le gouvernement iranien.

La province d’Ilam, et plus particulièrement la ville d’Abdanan, est devenue un épicentre des manifestations, où les revendications liées aux difficultés économiques se mêlent à une colère politique grandissante. Les forces de sécurité ont été accusées d’avoir utilisé des tirs à balles réelles et d’avoir mené des arrestations massives pour tenter de mater la dissidence. Cette intensification de la répression souligne la gravité de la crise à laquelle est confrontée la République islamique.