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Le Salon de l'agriculture 2026 fait face à un défi majeur : l'absence des vaches pour cause de maladie. Les organisateurs déploient des trésors d'ingéniosité pour maintenir l'attractivité de l'événement, avec des animations inédites et la présence d'autres espèces animales.

L’édition 2026 du Salon de l’agriculture fait face à un défi majeur : l’absence inédite des 500 à 600 bovins qui constituent habituellement l’une des attractions principales. Cette décision, prise par les organismes de sélection des races bovines, est due aux craintes liées à la dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC), une maladie qui affecte les élevages français depuis juin 2024. Le Ceneca, en charge de l’organisation, parle d’un « sacré coup dur », d’autant plus que les volailles sont déjà absentes depuis plusieurs années en raison de la grippe aviaire.

Face à ce constat, les organisateurs cherchent activement des solutions pour maintenir l’attractivité du Salon et éviter une désertion du public. Sébastien Windsor, président des Chambres d’agriculture de France, insiste sur la nécessité de maintenir cet événement, crucial pour soutenir l’agriculture française dans un contexte difficile. Les prévisions les plus pessimistes évoquent une baisse d’affluence de 15 à 20 %, ce qui représente un enjeu économique majeur pour les quelque mille exposants, dont certains réalisent jusqu’à 30 % de leurs ventes annuelles lors du Salon.

Plusieurs pistes sont envisagées pour réinventer le Salon. Parmi elles, l’idée d’organiser une journée spéciale dédiée aux grands-parents et aux enfants. L’année 2026 étant celle de la transhumance, des animations autour de ce thème avec les ovins pourraient être mises en place. Le prix d’entrée, maintenu à 17 euros, est jugé abordable pour une « journée dans la plus grande ferme de France ». Les organisateurs rappellent que sur les 4 000 animaux prévus, 3 500 seront toujours présents.

Pour compenser l’absence des vaches, des expositions inédites pourraient voir le jour. Olivier Alleman, commissaire du Concours général agricole, mentionne la possibilité de faire venir la Garde Républicaine pour des exhibitions, ou le prestigieux Cadre Noir de Saumur, corps d’élite du dressage équin français. Cependant, cette situation a un impact financier, amputant le budget annuel de 3,2 millions d’euros et augmentant les coûts de transport pour les autres races, qui étaient auparavant mutualisés avec ceux des bovins.

Malgré ces difficultés, les sept autres espèces – équins, caprins, asins, ovins, porcins, canins et félins – concourront bien fin février. Le concours des produits agricoles et vins est également maintenu. Certaines filières s’adaptent, à l’image de l’association Charolais Label Rouge qui organise des séances photos dans les fermes pour présenter les animaux aux acheteurs. Le Salon de l’agriculture 2026 s’annonce donc comme une édition de tous les défis, où l’innovation sera de mise pour préserver son rôle essentiel de vitrine de l’agriculture française.