
Le Centre for Information Resilience (CIR), une ONG britannique, a publié un rapport alarmant documentant de graves violations des droits humains en Tanzanie. L’enquête numérique révèle des «exécutions sommaires» et l’existence probable de fosses communes suite aux élections générales contestées du 29 octobre 2025.
Les élections présidentielles et législatives, officiellement remportées par la présidente sortante Samia Suluhu Hassan avec un score de plus de 97%, ont été largement considérées comme frauduleuses par la communauté internationale. L’opposition a rejeté les résultats, avançant un bilan de quelque 2000 manifestants tués. Dès le jour du scrutin, des manifestations ont éclaté dans des villes majeures comme Dar es Salaam, Mwanza et Arusha, entraînant un couvre-feu national et une coupure quasi-totale d’Internet pendant cinq jours, entravant sérieusement le travail des observateurs.
Le CIR, se basant exclusivement sur des sources ouvertes, a analysé 185 images et vidéos, ainsi que des images satellites et des drones, couvrant la période du 29 octobre au 4 novembre 2025. Ces éléments confirment «l’usage répété de balles réelles par les forces de sécurité et des hommes armés en civil, entraînant des victimes». Des séquences authentifiées montrent des tirs sur des manifestants en fuite. À Mwanza, des vidéos nocturnes «montrent de probables exécutions sommaires loin des principaux sites de protestation». À Dar es Salaam, des images de drone révèlent un camion blanc poursuivant des civils, ses occupants tirant «sans discernement en direction des maisons avoisinantes».
Le rapport fait également état de «possibles fosses communes» identifiées par images satellites, avec des traces de terre remuée au cimetière de Kondo. Des structures temporaires observées à l’hôpital de Kivule suggèrent une morgue de fortune face à l’afflux de corps. Un médecin de Dar es Salaam a même affirmé à l’AFP que des centaines de patients et de dépouilles avaient été transférés vers des lieux secrets. Jemimah Steinfeld, d’Index on Censorship, souligne que ces violences s’inscrivent dans un durcissement politique pré-électoral. Elle appelle à des enquêtes «approfondies et indépendantes» et à la libération des opposants détenus pour assurer la stabilité future du pays.








