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L'Assemblée nationale examine deux motions de censure déposées par LFI et le RN, visant l'accord UE-Mercosur. Malgré le vote contre de la France, l'opposition dénonce une « capitulation » face à la Commission européenne, alors que les agriculteurs se mobilisent.

L’Assemblée nationale s’apprête à débattre, mercredi 14 janvier, de deux motions de censure déposées par La France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN). Ces initiatives parlementaires, bien que n’ayant que très peu de chances d’atteindre la majorité requise de 289 députés, visent à contester l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur. Le gouvernement, déjà sous pression budgétaire, se trouve ainsi confronté à une nouvelle offensive politique de l’opposition.

Les deux motions dénoncent l’accord UE-Mercosur, récemment adopté par la Commission européenne malgré le vote contre de la France. L’Élysée avait pourtant exprimé son opposition à ce traité. LFI reproche au président Emmanuel Macron d’avoir « laissé la porte ouverte à une capitulation de notre pays face à la Commission européenne », tandis que le RN y voit un « échec cinglant » et une « trahison des agriculteurs français ». En réaction, le Premier ministre Sébastien Lecornu a qualifié ces dépôts de motions de « postures cyniques partisanes » qui « affaiblissent la voix de la France » sur la scène internationale.

L’accord de libre-échange, négocié depuis plus de vingt-cinq ans, a reçu le feu vert d’une majorité qualifiée d’États membres de l’UE le 9 janvier, malgré l’opposition de la France, la Pologne, la Hongrie et l’Irlande. Ce traité controversé est vivement critiqué par une grande partie du monde agricole, qui craint une concurrence déloyale due à des normes environnementales et sanitaires différentes entre l’Europe et le Mercosur. Si l’adoption d’une motion de censure entraîne le retrait du Premier ministre et de son Gouvernement, cela n’affecte pas le mandat du président de la République.

Le débat et le vote de ces motions interviennent dans un contexte de mobilisation des agriculteurs. Ces derniers jours, les manifestations se sont multipliées, notamment devant le Palais-Bourbon, pour exprimer leur colère face à cet accord et à ses potentielles conséquences sur l’agriculture européenne. Les motions de censure sont perçues comme un moyen pour LFI et le RN de marquer leur désaccord et de soutenir les préoccupations des agriculteurs.