
Maxime Sbaihi, économiste et directeur stratégique du Club Landoy, sonne l’alarme : la France, jadis un pays jeune et dynamique, est en train de se transformer en une nation vieillissante. Auteur de l’essai percutant Les Balançoires vides, il met en lumière les enjeux « vertigineux » de la crise démographique qui frappe le pays.
L’année 2025 marque un tournant historique avec un solde naturel négatif pour la première fois depuis 1945, ce qui signifie qu’il y a plus de décès que de naissances. Cette bascule, inattendue dix ans plus tôt que les prévisions, n’est pas due à une hausse de la mortalité, mais à un effondrement spectaculaire de la natalité. Selon M. Sbaihi, la France rejoint ainsi le club des pays européens au solde naturel négatif, mettant fin à son « exception démographique ».
Cette situation est le reflet de transformations profondes de la société. Parmi les causes principales de la baisse de la natalité, on trouve un contexte économique incertain, des difficultés d’accès au logement et à l’emploi, l’évolution des aspirations personnelles, notamment chez les femmes, et un manque de structures de garde d’enfants adaptées. L’âge moyen à la maternité a reculé, atteignant 31,1 ans en 2024. De plus, les préoccupations liées à l’avenir climatique et l’éco-anxiété semblent également influencer le désir d’avoir des enfants.
Les conséquences de ce vieillissement sont lourdes pour le modèle social français, basé sur un système de répartition. Avec moins d’actifs pour financer les retraites et les services dédiés aux personnes âgées, l’équilibre est mis à mal. Maxime Sbaihi dénonce un « coupable déni de démographie » qui coûte cher à la France, comme en témoignent les débats sur les retraites et la procrastination face au défi du grand âge. Le Club Landoy, dont il est directeur stratégique, s’engage d’ailleurs à trouver des solutions concrètes pour un modèle social plus équilibré et durable face à cette transition démographique.






