
À Jabal Mohsen, quartier alaouite de Tripoli au Liban, des milliers de Syriens ont trouvé refuge, fuyant les persécutions. Ces déplacés, majoritairement alaouites, partagent une nostalgie de l’ère Bachar el-Assad, regrettant une époque qu’ils considèrent plus stable. Leur exil a commencé en mars dernier, suite à des massacres ciblés contre leur communauté après la chute du régime de Bachar el-Assad en décembre 2024.
Fekrat Hamdan, originaire de Hama, témoigne de la violence : « Un homme est arrivé chez moi pour me dire que mon oncle avait été tué d’une balle dans la tête. Ils ont ensuite menacé de me tuer, alors je me suis caché plusieurs jours dans mes terres ». Ce récit illustre le quotidien de nombreux Alaouites forcés à l’exil, cherchant sécurité et protection au Liban.
La situation s’est aggravée après une attaque coordonnée le 6 mars 2025, où des partisans de l’ancien dictateur ont affronté des forces gouvernementales sur la côte syrienne. En représailles, des combattants sunnites ont ciblé les régions alaouites, accusant leurs habitants de complicité avec l’ancien régime. Ces exactions ont provoqué une vague de déplacements, exacerbant les tensions intercommunautaires dans la région. Le conflit entre les quartiers de Bab al-Tabbaneh (sunnite) et Jabal Mohsen (alaouite) à Tripoli, au Liban, a des racines profondes, remontant à la guerre civile libanaise et s’intensifiant avec les retombées du conflit syrien.
La chute du régime Assad le 8 décembre 2024 a marqué un tournant, mettant fin à plus de cinquante ans de régime baasiste en Syrie. Cette transition a malheureusement ouvert la voie à de nouvelles violences, notamment contre la minorité alaouite, qui se retrouve fragilisée et craint pour son avenir dans une Syrie post-Assad.






