Ghriba-synagogue-attack
Le procès de l'attaque de la synagogue de la Ghriba en Tunisie en mai 2023, qui a causé la mort de six personnes, réveille des souvenirs douloureux et expose les tensions dans le pays.

Le 9 mai 2023, la Tunisie a été le théâtre d’une attaque tragique contre la synagogue de la Ghriba, un lieu de culte juif emblématique situé sur l’île de Djerba. Un membre de la garde nationale maritime a ouvert le feu, tuant un collègue avant de se diriger vers la synagogue, où il a abattu deux pèlerins juifs, Benjamin Haddad (franco-tunisien) et Aviel Haddad (tuniso-israélien), ainsi que des agents de sécurité. L’assaillant a finalement été abattu par les forces de l’ordre. Au total, l’attaque a fait six morts et neuf blessés.

Le tribunal de première instance de Tunis examine actuellement cette affaire, un procès qui réveille des souvenirs douloureux et met en lumière les tensions existantes, notamment en raison du contexte international et de la position pro-palestinienne de la Tunisie. L’affaire est d’autant plus sensible que la communauté juive tunisienne elle-même souhaiterait, pour beaucoup, tourner la page.

Les faits précis de cette soirée tragique révèlent un scénario d’horreur. Wissem El Khazri, l’assaillant, a tué son collègue, s’est emparé de ses munitions, puis s’est rendu à la synagogue pendant le pèlerinage annuel de Lag Ba’omer. Une fois sur place, il a été interpellé par un garde national, Maher Ben Arabi, qu’il a également abattu avant de tirer sur les pèlerins.

Ce procès est un rappel des défis auxquels la Tunisie est confrontée en matière de sécurité et de coexistence religieuse. L’île de Djerba, connue pour sa diversité et son histoire, a déjà été la cible d’un attentat terroriste en 2002 contre la même synagogue, causant la mort de 21 personnes. Les audiences récentes ont vu les demandes de libération des prévenus être rejetées, et le procès a été reporté à plusieurs reprises, soulignant la complexité et la gravité du dossier.