
L’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, a dénoncé un « massacre » perpétré par le pouvoir iranien pour réprimer les mouvements de contestation. L’organisation a confirmé la mort d’au moins 192 manifestants, tout en avertissant que le bilan réel pourrait être bien plus élevé, évoquant des informations non vérifiées suggérant « plusieurs centaines, voire plus de 2 000 personnes » tuées.
Le mouvement de contestation, d’une ampleur inédite depuis trois ans, représente un défi majeur pour la République islamique. Initialement déclenché le 28 décembre à Téhéran par des commerçants protestant contre la cherté de la vie, il s’est étendu à de nombreuses autres villes. Les autorités ont réagi en imposant une coupure d’Internet, en vigueur depuis plus de 72 heures, selon l’ONG Netblocks.
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est dit « choqué » par les violences et a appelé les autorités à la « plus grande retenue » dans l’usage de la force, ainsi qu’à rétablir les communications. De son côté, le président américain Donald Trump a déclaré que l’armée américaine étudiait des « options très fortes » face à la répression, tout en affirmant que les dirigeants iraniens l’avaient contacté pour « négocier » et qu’une réunion était « en cours de préparation ». En réponse, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a averti que l’Iran riposterait en ciblant des sites militaires et le transport maritime américains en cas de frappes des États-Unis.
Le gouvernement iranien a décrété trois jours de deuil national pour les « martyrs de la résistance », en référence aux membres des forces de sécurité tués. Les autorités, tout en reconnaissant les revendications économiques, qualifient désormais les manifestants d’« émeutiers » instrumentalisés par l’étranger. Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a exhorté la population à participer à une « marche de résistance » nationale pour dénoncer les violences attribuées à des « criminels terroristes urbains ». Plus de 2 600 manifestants auraient été arrêtés.
Reza Pahlavi, le fils en exil du Chah renversé en 1979, a appelé à de nouvelles actions, se disant prêt à retourner en Iran pour mener une transition démocratique. Des manifestations de solidarité ont eu lieu à Paris, Londres, Vienne et Istanbul.






