
Malgré l’annonce d’un cessez-le-feu, les affrontements se poursuivent entre le gouvernement syrien et les Kurdes à Alep. L’armée a repris ses bombardements sur le quartier de Cheikh-Maqsoud, les combattants kurdes ayant refusé d’évacuer la zone. Ces violences, qui ont fait au moins 21 morts civils depuis mardi, sont les plus graves dans cette ville du nord de la Syrie entre le gouvernement central et la minorité kurde, qui contrôle une partie du nord-est du pays. Des dizaines de milliers de civils ont été contraints de fuir, l’ONU estimant à au moins 30 000 le nombre de familles déplacées.
Un cessez-le-feu avait été annoncé tôt vendredi par les autorités, prévoyant l’évacuation des combattants kurdes vers la zone autonome du nord-est. Cependant, ces derniers ont refusé toute « reddition », affirmant vouloir défendre leurs quartiers. En réponse, l’armée syrienne a annoncé la reprise des bombardements sur des « sites militaires », appelant les habitants à s’éloigner. Le ministère de la Défense a rapporté la destruction d’un dépôt de munitions et des tirs d’artillerie lourde ont été signalés.
L’armée a également signalé la mort de trois soldats et a annoncé le début d’« opérations de ratissage » à Cheikh-Maqsoud. Des « couloirs humanitaires » ont été ouverts pendant deux heures pour permettre aux civils de fuir. Les Kurdes ont dénoncé un « violent bombardement », tandis que la télévision syrienne a accusé les Kurdes d’avoir lancé des drones sur des quartiers résidentiels d’Alep.
La France, par la voix de son ministère des Affaires étrangères, a appelé à un retour immédiat au cessez-le-feu et à la facilitation de l’aide humanitaire, insistant sur la protection des civils. Le président Emmanuel Macron a rappelé à son homologue syrien l’attachement de la France à une Syrie unie et protégée pour toutes ses composantes. Ces combats surviennent alors que les parties peinent à appliquer un accord visant à intégrer les institutions kurdes au sein du nouvel État syrien. Une haute responsable kurde a affirmé l’attachement des Kurdes aux accords, accusant Damas de chercher à y mettre fin. Les États-Unis sont engagés dans une médiation, avec l’envoi de l’émissaire américain pour la Syrie à Damas. La Turquie a « salué favorablement » l’opération de l’armée syrienne.







