
La ville d’Alep, située dans le nord de la Syrie, est désormais considérée comme une « zone militaire » par l’armée syrienne, à la suite d’affrontements meurtriers opposant les forces gouvernementales et les forces kurdes. Mercredi, les écoles, les administrations et l’aéroport sont restés fermés, marquant une escalade des tensions dans la région. Les violences de la veille ont fait neuf morts, selon les médias officiels.
Ces affrontements de mardi sont les plus graves entre les deux parties depuis des mois, et interviennent alors qu’un accord signé en mars, visant à intégrer les institutions de l’administration autonome kurde au sein de l’État syrien, n’a pas été appliqué. Un habitant d’Alep, Abdel Karim Baqi, a décrit une « ville fantôme » dans la nuit de mardi à mercredi, avec des magasins fermés et des rues plongées dans le noir en raison de coupures de courant, après avoir fui le quartier kurde d’Achrafieh.
L’armée syrienne a déclaré que les quartiers kurdes de Cheikh Maqsoud et Achrafieh seraient traités comme une « zone militaire » dès mercredi après-midi, et a mis en place des « couloirs humanitaires » pour l’évacuation des civils. L’agence officielle Sana a rapporté des bombardements provenant des quartiers kurdes sur des zones gouvernementales, suivis de ripostes. Cependant, Abdel Karim Omar, représentant de l’autorité autonome kurde à Damas, a démenti ces bombardements, soulignant que les quartiers étaient « encerclés » et tenus par les forces de sécurité intérieures kurdes (Asayish) équipées d’armes légères.
Face à la situation, les autorités avaient déjà suspendu tous les vols de l’aéroport d’Alep pour 24 heures et ordonné la fermeture des écoles, universités et services gouvernementaux pour la journée de mercredi. Joud Serjian, une mère de famille à Alep, a confié que ces affrontements leur ont « rappelé la guerre », ajoutant qu’ils n’avaient « nulle part où fuir ». La guerre civile syrienne (2011-2024) avait déjà vu Alep être le théâtre de combats intenses, avant que le président Bachar al-Assad ne reprenne le contrôle de la ville en 2016. Les discussions pour l’intégration des Forces démocratiques syriennes (FDS) à majorité kurde au sein de l’État syrien, prévue avant fin 2025, continuent de piétiner, alimentant les tensions.







