
Alors que des affrontements intenses secouent le Yémen entre les séparatistes et les forces de la coalition gouvernementale, l’Arabie saoudite a lancé une invitation au dialogue. Le ministère des Affaires étrangères saoudien a convié, ce samedi 3 janvier, « toutes les factions du sud » du Yémen à des discussions à Riyad, et à « participer activement à la conférence » pour trouver des « solutions justes » qui répondent aux aspirations du peuple du Sud.
Cette démarche intervient peu après des bombardements saoudiens ayant causé des pertes parmi les rangs du Conseil de transition du Sud (STC), le mouvement séparatiste soutenu par les Émirats arabes unis. Le STC avait récemment annoncé son intention d’établir un État indépendant dans le sud du Yémen sur une période de deux ans, défiant les appels au retrait de Riyad après avoir pris le contrôle de vastes régions.
Le président du STC, Aidroos Al-Zubaïdi, a déclaré à la télévision que cette « phase transitoire d’une durée de deux ans » mènerait à un référendum d’autodétermination, rappelant l’existence d’une République démocratique et populaire indépendante dans le sud entre 1967 et 1990. Il a également averti qu’une déclaration d’indépendance serait « immédiatement » envisagée si le dialogue n’était pas instauré ou si de nouvelles « agressions militaires » ciblaient le sud du Yémen.
Les frappes saoudiennes récentes à Al-Kasha auraient causé la mort de 20 membres des forces du STC, marquant les premières pertes infligées par Riyad au mouvement depuis la prise de contrôle de territoires riches en pétrole dans le Hadramaout et la Mahra en décembre. Ces événements ont exacerbé les tensions entre les différentes factions de la coalition et avec les Émirats arabes unis, bien qu’Abou Dhabi ait exprimé sa détermination à œuvrer pour une « désescalade » et annoncé le retrait de ses dernières forces du Yémen.
Dans ce contexte de « guerre existentielle » selon Mohamed Al-Naqib, porte-parole militaire du STC, des sources au sein du mouvement ont signalé des frappes sur une base et un aéroport à Seyoun, une ville de l’Hadramaout. Ces affrontements s’inscrivent dans un conflit yéménite qui a débuté en 2014 avec la prise de Sanaa par les rebelles houthistes soutenus par l’Iran, et qui, malgré une trêve en 2022, continue de provoquer une crise humanitaire majeure.








