Iran-protest
Trois morts supplémentaires en Iran lors de manifestations contre la vie chère. Des affrontements avec les forces de l'ordre ont fait des victimes et des blessés, tandis que les autorités procèdent à des arrestations massives. La monnaie nationale chute, l'inflation s'envole.

Des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre ont causé la mort de trois personnes supplémentaires dans l’ouest de l’Iran, ce jeudi. Ces incidents surviennent au cinquième jour de rassemblements sporadiques dénonçant la vie chère dans plusieurs villes du pays. L’agence de presse Fars rapporte qu’un groupe d’émeutiers a attaqué un commissariat de police à Azna, province du Lorestan, entraînant la mort de trois individus et en blessant dix-sept autres.

Plus tôt, deux personnes avaient déjà péri lors de heurts à Lordegan. Des manifestants ont lancé des pierres sur des bâtiments administratifs et des banques avant que la police n’utilise des gaz lacrymogènes. Dans la nuit de mercredi à jeudi, un membre des forces de l’ordre, âgé de 21 ans, a également été tué à Kouhdasht par des émeutiers. Il s’agit de la première victime officielle parmi les forces de sécurité depuis le début des manifestations, initialement pacifiques, dimanche à Téhéran.

Les forces du Bassidj, des milices de volontaires islamistes affiliées aux Gardiens de la révolution, ont fait état de 13 policiers et membres du Bassidj blessés par des jets de pierres à Kouhdasht. Trente personnes accusées de « troubles à l’ordre public » ont été arrêtées à Téhéran. L’agence Tasnim a également mentionné une tentative d’incendie d’une mosquée à Hamedan, déjouée par les autorités.

Le mouvement de protestation, initié par les commerçants contre la vie chère et le marasme économique, s’est étendu à plusieurs universités et villes. Le procureur général, Mohammad Movahedi-Azad, a reconnu la légitimité des « manifestations pacifiques » mais a mis en garde contre toute tentative de les transformer en « un outil d’insécurité ou de destruction ».

La monnaie nationale, le rial, a perdu plus d’un tiers de sa valeur en un an, et une hyperinflation à deux chiffres rend les produits de première nécessité inabordables pour une partie de la population, déjà affectée par les sanctions internationales. Ce mouvement reste cependant d’une ampleur moindre que celui de fin 2022, déclenché par la mort de Mahsa Amini.