
L’Amérique du Sud connaît un virage politique notable vers la droite depuis la fin des années 2010. Après une période souvent qualifiée de « vague rose », où de nombreux pays étaient dirigés par des gouvernements de gauche, des figures conservatrices et populistes prennent désormais le pouvoir.
Javier Milei, le président ultralibéral de l’Argentine, élu en novembre 2023, incarne cette nouvelle dynamique. Ses discours percutants en faveur de la « liberté » marquent un contraste avec les politiques précédentes. Au Chili, José Antonio Kast, figure catholique conservatrice et ultraconservateur, a remporté l’élection présidentielle en décembre 2025. Sa victoire souligne un désir d’ordre et de sécurité, en réaction à un sentiment d’insécurité croissant. Il est devenu le président chilien le plus à droite depuis la fin de la dictature de Pinochet en 1990.
Au Salvador, Nayib Bukele, président depuis 2019 et réélu en 2024 avec un score écrasant de 82% des voix, est un autre exemple de cette tendance. Sa politique de sécurité, qualifiée de « mano dura » ou de « poigne de fer », a considérablement réduit le taux d’homicides, lui valant une popularité record malgré les critiques concernant la dérive autoritaire de son administration. Bukele, souvent comparé à Donald Trump pour son usage des réseaux sociaux, concentre les pouvoirs et son parti domine l’Assemblée législative.
Cette montée des droites en Amérique du Sud répond à des préoccupations croissantes concernant la criminalité, l’immigration et les échecs perçus des gouvernements de gauche en matière économique et sociale. Ces leaders disruptifs, souvent qualifiés de populistes, promettent des changements radicaux et attirent un électorat lassé des partis traditionnels. Le phénomène s’inscrit dans un mouvement global, touchant également l’Europe, où des droites radicales émergent et prennent le pouvoir.






