
Le report de la signature du traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur offre un répit bienvenu à Emmanuel Macron. Cette décision, soutenue de manière inattendue par l’Italie et la Hongrie, deux pays dont les dirigeants sont souvent critiqués par le président français pour leurs penchants nationalistes, lui permet de désamorcer, du moins temporairement, la colère du monde agricole en France. Initialement prévue ce samedi au Brésil, la signature du traité a été repoussée à janvier 2026, suite aux pressions exercées par Paris et Rome sur Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne.
Ce délai supplémentaire constitue une petite victoire pour le gouvernement français, qui réclamait des garanties renforcées pour les agriculteurs européens. En effet, l’accord est vivement critiqué en France pour les risques de concurrence déloyale qu’il ferait peser sur les éleveurs, notamment en facilitant l’importation de viande, sucre, riz, miel et soja sud-américains. Emmanuel Macron a d’ailleurs insisté sur la nécessité de voir le texte « changer de nature » et d’obtenir des « avancées historiques » pour protéger l’agriculture européenne.
Malgré ce report, la méfiance persiste au sein de la profession agricole. Des syndicats, comme la FNSEA, estiment que ce sursis est insuffisant et appellent à maintenir la mobilisation, considérant le report comme une simple manœuvre tactique. Le président français, quant à lui, a affirmé qu’il était « trop tôt pour dire » si la France signera l’accord en janvier, tant que les exigences françaises concernant les clauses de sauvegarde, les mesures miroirs et les contrôles sanitaires ne seront pas pleinement satisfaites. Ce dossier révèle ainsi les tensions profondes au sein de l’UE et la complexité des alliances diplomatiques.






