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Les syndicats agricoles sont divisés sur la poursuite des blocages en période de fêtes, malgré l'annonce d'un fonds de soutien de 11 millions d'euros pour les petits exploitants en difficulté. La gestion de la dermatose bovine reste au cœur des revendications, avec des appels à une « trêve de Noël » et des menaces de nouvelles actions en janvier.

La tension persiste dans le secteur agricole français alors que les syndicats sont divisés quant à la poursuite des blocages pendant les fêtes de fin d’année. La dermatose bovine, une maladie affectant le bétail, reste au cœur des revendications, avec des agriculteurs protestant contre la gestion gouvernementale de cette crise. Vendredi soir, Sébastien Lecornu, ministre de l’Agriculture, a annoncé un fonds de soutien de 11 millions d’euros destiné aux petits exploitants en difficulté, une mesure qui vise à apaiser les tensions sans pour autant satisfaire toutes les exigences des manifestants.

Les appels à une « trêve de Noël » se sont multipliés, notamment après l’annonce du report de l’accord UE-Mercosur. La Coordination rurale (CR), deuxième syndicat agricole, a appelé à la « bienveillance » tout en laissant à ses sections départementales la décision de maintenir ou non les barrages. Bertrand Venteau, président de la CR, a souligné l’importance de ne pas s’aliéner la population, qui, selon lui, soutient le mouvement. Il a évoqué une « pointe d’espoir » de trouver une solution avec le Premier ministre début janvier concernant l’abattage des troupeaux infectés par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).

La Confédération paysanne, troisième force syndicale, a également perçu des « ouvertures », mais refuse de lever les blocages sans un engagement ferme sur l’arrêt de l’abattage total. Cette stratégie sanitaire est un point de discorde majeur et a conduit à la mise en place d’une cellule de dialogue entre éleveurs et scientifiques. Le gouvernement, par la voix de sa porte-parole Maud Bregeon, a prévenu qu’il ne « tolérera plus de nouveaux blocages » pendant les fêtes, tandis que le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a insisté sur la nécessité d’éviter l’obstruction des axes routiers structurants.

Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, premier syndicat agricole, a également appelé à une trêve, conditionnée à un courrier du Premier ministre détaillant ses intentions. Le fonds de 11 millions d’euros annoncé par Sébastien Lecornu vise à répondre aux impacts économiques immédiats. Cependant, concernant l’abattage total, le Premier ministre s’en remettra aux conclusions du groupe de dialogue scientifique, soulignant le risque de propagation du virus si seuls les bovins symptomatiques étaient éliminés. Un nouveau rendez-vous est fixé début janvier pour discuter de la crise viticole, de l’accès aux pesticides et à l’eau, ainsi que du coût des engrais lié à la taxe carbone européenne. Les Jeunes Agriculteurs (JA), alliés de la FNSEA, ont rejoint l’appel à la trêve mais préviennent que « le compte n’y est pas » et que les mobilisations reprendront après les fêtes. Sur le terrain, certains barrages ont été levés, mais d’autres persistent, notamment dans le Sud-Ouest. Des menaces de blocage de Paris avec 1 000 tracteurs ont été proférées par la CR du Lot-et-Garonne. D’autres actions « coups de poing » sont prévues pendant les fêtes pour maintenir la pression sur le gouvernement, tout en évitant de gêner les départs en vacances.