
Trente ans après les accords de paix de Dayton qui ont mis fin à la guerre de Bosnie-Herzégovine, les « Balkan Boys », superstars de la NBA, offrent une image d’unité et d’amitié, un symbole puissant pour une région encore marquée par un passé douloureux. Ces basketteurs, tous originaires de l’ex-Yougoslavie, incarnent une génération d’après-guerre qui, par leur succès et leur camaraderie aux États-Unis, propose une vision de réconciliation contrastant avec les tensions persistantes dans leurs pays d’origine.
En août 2020, une photo a capturé l’attention mondiale : neuf géants du basket, souriants et unis, tous joueurs de la prestigieuse NBA. Ces hommes proviennent d’une région d’Europe où les années 1990 furent le théâtre de conflits dévastateurs, ramenant sur le continent des mots tels que génocide et nettoyage ethnique. Avec plus de 130 000 morts en dix ans, la guerre de Bosnie-Herzégovine fut le conflit le plus terrible de l’ex-Yougoslavie. Pourtant, ces jeunes athlètes, suivis par des millions de fans sur Instagram, projettent une image différente de ce creuset culturel d’Europe du Sud.
Le nom qu’ils se sont donné, les « Balkan Boys », est un symbole fort de leur volonté de transcender les divisions nationales héritées de la guerre. Des joueurs comme Nikola Jokić, Luka Dončić, Nikola Vučević et Jusuf Nurkić, issus de différentes nations de l’ancienne Yougoslavie, ont su créer des liens forts et se réunissent régulièrement, partageant des repas et des chants, transformant même un restaurant en club lors des playoffs NBA de 2020. Leur amitié en NBA suggère un modèle de coexistence et de respect mutuel, bien que la paix instaurée par les accords de Dayton il y a trente ans soit souvent perçue comme inachevée et complexe.
Le basketball a toujours eu une place importante dans les Balkans, et même après la dissolution de la Yougoslavie, la région a continué de produire un nombre impressionnant de talents pour la NBA. Cette réussite sportive est le fruit d’une culture du basketball profondément enracinée et d’un dévouement intense à ce sport. Ces athlètes ne sont pas seulement des superstars individuelles, mais aussi des ambassadeurs, prouvant qu’au-delà des frontières et des cicatrices du passé, l’unité et l’amitié sont possibles.






